Ateliers de @fbon : Construire une ville avec des mots, proposition 9 : Bande-son.

Voici la suite du texte écrit pour le premier atelier d’été de François Bon, construire une ville avec des mots

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Proposition 9 : Bande-Son

Les pavés deviennent glissant et les chéneaux gargouillent de plus en plus fort. On dirait un groupe de percussionnistes répétant sans chef d’orchestre. Le timbre minéral domine, mais les cataractes glougloutantes ne sont pas en reste. La forme arrondie de cette cour entourée de hauts murs augmente la résonance.

Un éclair zèbre le ciel, illuminant les façades, quelques secondes plus tard, un second coup de tonnerre remplit l’espace, se répercutant de murs en murs en cascade métallique.

Puis le silence revient, oppressant.

On dirait que les oiseaux se terrent, craignant que l’orage ne les débusque. La pluie a cessé aussi soudainement qu’elle était tombée, lui laissant le temps de traverser la cour. Un chien jappe au loin en une longue mélopée plaintive. Elle tend l’oreille. Il lui semble entendre les aboiements de Pyrus, le chien de son amie Françoise qui vivait au village situé plus haut sur la colline.  Elle se ravise, Pyrus est mort depuis longtemps mais peut-être a -t-il un arrière-arrière-petit-fils qui a hérité de son timbre de voix…

Le vent se lève chassant les nuages menaçants, la lumière semble renaître. Un oiseau entame ses vocalises, suivi par tous les autres. Curieusement, elle avait besoin de leur joie de vivre pour quitter ce lieu plus sereine. Elle les remercie d’un geste de la main, et remonte les marches pour se diriger vers la grille d’entrée.

Photo M.Christine Grimard

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