Photo du jour : ombres en nombre

« Amour, seul amour qui soit, amour charnel, j’adore, je n’ai jamais cessé d’adorer ton ombre vénéneuse, ton ombre mortelle. Un jour viendra où l’homme saura te reconnaître pour son seul maître et t’honorer jusque dans les mystérieuses perversions dont tu t’entoures. »

L’amour fou, andre breton, édition gallimard, 1976 (isbn 978-2070367238), p. 110 – roman – André Breton

Photo Marie-Christine Grimard

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Ombres portées

Qui se pressent et se dressent

Sur nos vies emportées

Par le temps qui oppresse

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Ombres découpées

Sur les mur des maisons

Qui dansent et tournent en rond

En valse chaloupée

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Ombres emportées

Par le vent de l’automne

Qui tourne et papillonne

Pour oublier l’été

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Ombres projetées

Sur la façade blonde

D’un invincible monde

Rêvant d’éternité

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Photo du jour : comptine surréelle

« Je cherche l’or du temps »

André Breton

Photo m Christine grimard

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Je cherche

L’or du temps

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Et j’en trouve la trace

Saupoudrée sur les arbres

Sur les ailes des anges

Au cœur des primevères

Dans le chant des mésanges

..

Je cherche

L’or du temps

..

Mais jamais ne l’attrape

Il coule et puis m’échappe

Comme sable volant

Sous les ailes du vent

..,

Je cherche

L’or du temps

Au creux de mes prunelles

Je l’aperçois qui suit

Sa spirale surréelle

Dans le bleu de la nuit

Un été bleu outre-mer (8)

« Lorsque les grands oiseaux prennent leur vol pour toujours, ils partent sans un cri et le ciel strié ne résonne plus de leur appel. Ils passent au dessus des lacs, des marais fertiles, leurs ailes écartent les nuages trop langoureux. »

André Breton

Photo M.Christine Grimard

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Lorsque le soir descend

Juste au bord des marais

La lumière prend son bain

Avant que la nuit vienne

Et que les goélands

Qui pèchent au soir tombant

Ne reviennent du large

Pour nourrir leurs enfants

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Elle s’étire alanguie

Dégustant en silence

Son plaisir solitaire

Éclatante et ravie

En Traçant de l’index

Gerbes d’étincelles

Et volutes d’argent

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J’admire son talent

Immobile et muette

De peur de l’interrompre

Couchée dans les roseaux

Jusqu’à la nuit tombée.

Nostalgie d’automne (11) : Brassée de branches 

« On lie un fagot de branches enflammées dans le bois et la femme ou la fée qui le charge sur ses épaules paraît voler maintenant, alors que les étoiles couleur champagne s’immobilisent. »

Poisson soluble (1924), andre breton, édition gallimard, coll. poesie, 1996 (isbn 2-07-032917-8), partie 4, p. 38 – prose poetique –

 André Breton
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Photo M Christine Grimard

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Les peupliers déshabillés 

Tendent leurs branches dénudées 

Vers un ciel au bleu délavé  

Pleuplé de nuages mordorés 

Lancent une prière désespérée 

Une supplique pour les fées 

De la forêt pour conserver 

Leurs dernières feuilles encore dorées 

Aux reflets d’ocres enflammés 

Du doux souvenir de l’été 

Dans le vent d’automne, envolé.

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