Un été bleu horizon (9)

Photo m Christine Grimard

Temps variable sur le littoral, suite d’éclaircies et d’averses courtes. Un temps incitant à la promenade. Pour la plage, on attendra des jours meilleurs.

En profiter pour aller faire un petit tour dans le bocage, jusqu’aux terres baignées par le Yon, pour visiter les vignobles des « fiefs vendéens ».

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Photo m Christine Grimard

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Traverser Moutiers-les-Mauxfaits et sa halle datant de 1765 à la charpente incroyablement complexe. Sa toiture de tuiles rondes à quatre pans, s’appuie sur 41 colonnes cylindriques à l’extérieur et sur 61 poteaux de bois à l’intérieur.

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Photo m Christine Grimard

« La charpente avec des étais, poinçons et arbalétriers est un chef-d’œuvre de l’art traditionnel. » Selon le guide local…

Photo m Christine Grimard

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Là où s’arrête la terre du sel commence celle des vignes. Les fiefs vendéens s’étendent de Brem jusqu’à Mareuil-sur-Lay-Dissais. Suivre la route des caves, traverser les forêts de chênes et de pins bordées de genêts et d’ajoncs.

S’arrêter à Mareuil-sur-Lay-Dissais pour admirer le Lay et l’église.

Photo M Christine Grimard

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Suivre la route principale jusqu’au domaine viticole de Jérémie Mourat, vigneron anti conformiste, passionné, ayant repris le domaine familial depuis près de 20 ans , et élevant des vins remarquables.

Photo Marie-Christine Grimard

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« Vaut vraiment de détour »

Et plus encore !

Photo Marie-Christine Grimard

Son domaine est à l’image de ses vins, magnifiques et innovants.

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Photo M Christine Grimard

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Je n’ai pas l’habitude de faire de genre de promotion. Mais ici c’est un coup de ❤️

Voici ma récolte du jour,

Choisissez :

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Photo Marie-Christine Grimard

Mon préféré c’est l’ O.V.N.I. Rosé

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Mais voici l’étiquette du Moulin blanc, remarquable également.

M Christine Grimard

Une fois n’est pas coutume, tout ceci est à lire avec modération !

Pour ceux que cela intéresse, allez sur le site de J,Mourat

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Un été bleu horizon (8)

« Le ciel est, par-dessus le toit,

Si bleu, si calme!

Un arbre, par-dessus le toit,

Berce sa palme. »

Sagesse (1874),

Paul Verlaine

Photo m Christine Grimard

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Impossible d’ajouter un seul mot à ceux du poète

Surtout CE poète

A travers le balancement de ses mots on voit les palmes danser, même si par-dessus le toit, aujourd’hui le ciel n’est ni bleu, ni calme!

Oui rien à ajouter, vraiment ….

Ou alors, ceci :

Vidéo M Christine Grimard

Un été bleu horizon (7)

« Les gitans, les chats errants et les roses trémières savent quelque chose sur l’éternel que nous ne savons plus. »

L’homme-joie (2012) de Christian Bobin

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Photo Marie-Christine Grimard

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Côte Atlantique :

Terre de roses trémières.

Elles s’y trouvent bien, faut-il croire.

Elles aiment la difficulté.

Il leur faut seulement quelques pincées de terre mêlée de sable, avec suffisamment de lumière, de sel et de vent pour avoir envie de grandir, et suffisamment d’aridité pour être libre et pousser sans concurrence.

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Photo Marie-Christine Grimard

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Elles aiment être libres.

Libres de coloniser les bordures des étiers

Libres de s’abriter au cœur des marais

Là où rien d’autre ne pousse

Que les salicornes que le sel ne rebute pas

Là où le soleil est omniprésent

Jouant avec ses reflets sur les œillets salins

Là où les grues sont les seules à pouvoir les admirer, le matin, au lever du soleil, quand elles déploient leurs couleurs irisées sous les ailes du vent.

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Photo Marie-Christine Grimard

Un été bleu horizon (6)

« Nous sommes humains parce que nous avons accès à ce qui n’existe pas. Cette richesse n’est pas donnée à tous, mais ceux qui cheminent jusqu’à ce continent invisible en effet reviennent chargés de trésors qu’ils font partager à tous les autres. »

Le grand coeur – Jean-Christophe Rufin

Photo. Christine Grimard

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Temps variable dit la météo.

En quelques heures, deux orages, plusieurs passages de pluie, un grand soleil et une tempête de vent.

Profiter d’une accalmie pour prendre le chemin forestier et se laisser surprendre par les parfums du sous-bois, mélange d’aiguilles de pins et de fougères mouillées.

Goûter au silence, le calme avant la prochaine tempête peut-être.

Avancer vers l’Ouest en suivant la trace du soleil

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Photo Marie-Christine Grimard

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Au détour du chemin, être éblouie par les rayons du soleil sautillant à la cime des grands pins.

Admirer leur balancement harmonieux sous le vent du soir.

Se surprendre à les suivre en dansant sur la mousse. Une petite valse ou un tango selon la fantaisie des rafales.

La musique monte, un grondement sourd suivi de roulement de cymbales, quelques notes de xylophone, et un grand souffle de feuilles.

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Photo Marie-Christine Grimard

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Soudain le chemin s’élargit comme si la lumière écartait les arbres.

Les grands pins ont laissé la place aux yeuses, petits chênes vendéens résistants aux embruns et se contentant de la terre sableuse des dunes.

Leur chevelure blonde et légère, ondule dans la clarté retrouvée.

Les arbres se font plus rares, quelques arbustes apparaissent. Leur feuillage est serré comme s’ils devaient se protéger de la fureur des éléments.

Un ronronnement d’abord lointain se fait de plus en plus insistant. L’impatience ou peut-être la curiosité me fait accélérer le pas.

Et soudain c’est l’explosion.

Vent et lumière m’offrent un ballet époustouflant.

Regardez, je vous l’offre :

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Un été bleu horizon (5)

« Les hommes cherchent la lumière dans un jardin fragile ou frissonnent les couleurs. »

Jean Tardieu

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Recto

Photo m Christine Grimard

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Recto :

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Derrière la fenêtre fermée

L’enfant imagine son été

Une agapanthe se balance

Une colombe hésite au loin

Un papillon tente sa chance

Le vent se lève dans le lointain

Photo m Christine Grimard

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Verso :

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Au jardin assise, sa mère surveille

Que rien ne trouble son sommeil

Les agapanthes dansent en silence

Sous le vent chaud qui fredonne en cadence

Le papillon plane et la lumière ondoie

Sur la colombe posée sur le toit

Un été bleu horizon (4)

« Un nuage ne sait pas pourquoi il se déplace justement dans telle direction et à telle vitesse, Il ressent une impulsion… C’est la place où il doit aller maintenant. Mais le ciel connaît les raisons et les modèles derrière tous les nuages, et tu les connaîtras aussi, lorsque tu t’élèveras assez haut pour voir au-delà des horizons. »

Le Messie récalcitrant, Illusions,

Richard Bach

Photo Marie-Christine Grimard

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Être en vacances

Poser mes valises

Déposer le fardeau

Ne rien faire

Mais le faire bien

Rester là en silence

Le nez au vent

Regarder passer les nuages

Décider de la direction

À suivre

Ou à éviter

Attendre à la croisée des chemins

Que le vent me porte

Vers cet ailleurs

Où le sable est plus doux

Faire un pas de côté

Choisir de sortir

Des sentiers battus

En toute liberté

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Photo Marie-Christine Grimard

Un été bleu horizon (3)

« Tâchez de garder toujours un morceau de ciel au dessus de votre vie. »

Du côté de chez Swann – Proust

Photo m Christine Grimard

Certains ciels donnent envie de les contempler en silence jusqu’à la fin du jour.

Ici, plus qu’ailleurs sans doute.

Envie de se laisser porter par le vent en suivant la crête des vagues.

Photo m Christine Grimard

Certains matins portent en eux des envies d’aquarelle.

Mais il faudrait en avoir le talent.

Je n’ai que celui de regarder et d’attraper l’instant qui passe.

Un instant de lumière hésitant entre verts et bleus.

Photo Marie-Christine Grimard

Un nuage passe devant le soleil.

Une ombre s’étire sur le sable.

Le vent tourbillonne et l’horizon danse.

Au loin des nuées déploient leurs ailes.

Ce sont les anges qui s’en vont au bal…

L’été en bleu horizon (2)

Photo m Christine Grimard

Chemin des douaniers.

Le sentier étroit serpente au bord de la falaise, coincé entre forêt et océan. Il y a dix ans quatre personnes pouvaient marcher de front, aujourd’hui on marche en file indienne. La mer a rongé peu à peu la falaise, et les dernières tempêtes de l’hiver ont eu raison des derniers rochers en contrebas.

Combien de temps avant que le sentier ne soit interdit aux promeneurs ?

Combien de temps avant que la frange de pins maritimes accrochés sur le sable de la falaise , ne s’abîme dans les vagues cinq mètres plus bas ?

Ils sont de plus en plus décharnés, ces pauvres pins, leurs branches noircies d’embruns semblent torturées d’arthrose, l’humidité salée s’insinuant sous leurs écorces. Les quelques épines qui résistent encore sur leurs cimes, se hérissent sous l’assaut du vent. Ils savent que leur temps est compté mais peu importe, ils ne regrettent pas leurs efforts pour pousser dans cet environnement hostile, tant la vie est belle ici. Ça n’est pas donné à tout le monde de se réveiller chaque matin baigné de ce bleu changeant et inondé de soleil !

Les jours de pluie, l’eau ruisselle entre les racines et creuse des sillons invisibles sous le sable, faisant glisser doucement la terre vers la mer. Inutile de se faire des illusions, cette côte disparaîtra au fond de l’océan dans quelques années.

Comment était-elle aux temps préhistoriques, ou encore au moyen-âge, lorsque Richard Coeur de Lion faisait remonter ses navires jusqu’à Talmont-Saint-Hilaire par l’estuaire du Payré ? Aujourd’hui, il est ensablé, accueille des parcs à huîtres et quelques canoës à marée haute. À marée basse, on peut le traverser à pieds secs…

Ici, plus qu’ailleurs, on voit le temps dessiner les paysages, et l’on réalise combien notre vie est courte et fragile. Il suffit de quelques vagues pour que disparaisse la falaise et les hommes qui y vivent. Profitons du temps qui nous reste, pour goûter tout le sel de cette vie et nous aimer.

Combien de grain de sable encore dans notre sablier ?

L’été en bleu horizon (1)

Photo m Christine Grimard

En arrivant près de la côte, on choisit toujours de prendre la route de la corniche, même si cela ajoute quelques kilomètres aux sept-cents que nous parcourons environ pour rejoindre le sud de la Vendée depuis la région lyonnaise.

Chaque fois, c’est le même émerveillement :

D’abord le parfum iodé des algues porté par la brise marine,

Puis la palette des bleus, du plus haut du ciel au plus profond de l’océan, allant du bleu horizon jusqu’au turquoise de la frange des vagues,

Et enfin le murmure du ressac qui s’écoule entre les galets annonçant l’explosion des rouleaux sur les rochers du puy d’enfer.

Oubliée la fatigue du voyage et celle de toute l’année de travail.

Un instant suspendu. une respiration, un regard vers l’horizon. Ici l’air est léger, comme la vie, comme la caresse du vent d’été.

Encore un été bleu horizon à déguster et à partager…