Vidéo : A change is gonna come

Une fois n’est pas coutume, voici un jour où la musique prendra la place des mots sur ce blog.

J’ai eu envie de partager avec vous un de mes coups de cœur récents, pour les voix, les échanges de regard et de talent entre le père et le fils, Brian et Thomas Owens .

Un pur moment de bonheur.

Ne le sentez-vous pas ?  « A change is gonna come »

For the best , I guess…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………..

 

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I was born by the river in a little tent
Oh and just like the river I’ve been running ev’r since
It’s been a long time, a long time coming
But I know a change gonna come, oh yes it will
It’s been too hard living, but I’m afraid to die
‘Cause I don’t know what’s up there, beyond the sky
It’s been a long, a long time coming
But I know a change gonna come, oh yes it will
I go to the movie and I go downtown
Somebody keep tellin’ me don’t hang around
It’s been a long, a long time coming
But I know a change gonna come, oh yes it will
Then I go to my brother
And I say brother help me please
But he winds up knockin’ me
Back down on my knees, oh
There have been times that I thought I couldn’t last for long
But now I think I’m able to carry on
It’s been a long, a long time coming
But I know a change is gonna come, oh yes it will
Paroliers : Sam Cooke
Paroles de A Change Is Gonna Come © Sony/ATV Music Publishing LLC, Abkco Music, Inc

 

🎶

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Un petit air d’hiver (5) : Entre Deux

« Dans l’interminable

Ennui de la plaine,

La neige incertaine

Luit comme du sable.

 

Le ciel est de cuivre

Sans lueur aucune,

On croirait voir vivre

Et mourir la lune.

 

Comme des nuées

Flottent gris les chênes

Des forêts prochaines

Parmi les buées.

 

Le ciel est de cuivre

Sans lueur aucune.

On croirait voir vivre

Et mourir la lune. »

 

Verlaine

*

Photo m. Christine Grimard

.

Dans l’inimitable

Beauté du couchant

Les chênes engourdis

Tendent vers un ciel rouge

Leurs désirs d’infini

.

Entre hiver et printemps

La vie attend son tour

Entre jour et nuit blanche

La mort attend son heure

.

Dans l’irrémédiable

Fuite éperdue du temps

L’esprit choisit le vent

Et dans un rire d’enfant

S’envole sous la lune

Un petit air d’hiver (4) : Mousse

« Lueur d’espoir; une petite mousse dans la fissure d’un mur. »

Aphorisme sous la lune et autre

Sylvain Tesson

Photo Christine Grimard

Photo m Christine Grimard

Un petit rayon de soleil se glisse entre deux nuages, histoire de jouer un peu à cache-cache avec l’hiver.

Entre les pierres, la jeune mousse retrousse ses pousses, histoire de ne rien rater du spectacle.

Un instant ils se caressent du regard, histoire de faire connaissance.

La mousse courte sur pousses, faute de pouvoir rougir, éclate d’un rire vert tendre que seul le printemps peut offrir, histoire de paraître à son avantage.

Le petit rayon l’admire en silence, heureux d’être sorti de sa torpeur hivernale, il pousse un peu ses ardeurs histoire de lui plaire.

Ils se regardent, suspendant un instant le cours de leur existence, histoire de prolonger le plaisir de l’autre en partageant le sien.

Juste une histoire d’espoir, à la sortie de l’hiver

Juste un peu de lumière

Juste une lueur pour faire briller les cœurs

Atelier d’écriture de @fbon : « Comment j’ai fait /Duras »

Si vous avez envie de le lire, voici le texte que j’ai envoyé à François Bon pour son atelier d’écriture d’hiver « Vers un écrire-Film » sur Duras  où vous trouverez aussi toutes les autres contributions.

***

Je n’avais plus d’inspiration, l’impression de flotter dans le vide, la tête pleine de courants d’air. Retrouver le fil d’une histoire quand on n’en connaît ni l’incipit ni le dénouement, n’est pas chose facile. Parfois, l’or se cache sous le sable, il faut savoir attendre que l’eau rejaillisse pour le voir briller. Mais une rivière à sec ne mène nulle part. Je décidais d’aller dormir, après tout, autant s’occuper sainement, plutôt que de morfondre devant une page blanche. Il ne lui fallut que quelques secondes pour surgir dans la marge en passant par la couture centrale, juste au moment où j’allais refermer le carnet. Je ne vis que son regard, intense et désespéré. Reposant le carnet et le stylo devant moi, je gardai le silence. Il bondit sur le plateau du bureau dont la nuance chêne clair faisait ressortir l’éclat de ses rayures fauves, et s’installa sur un noeud du bois pour me narrer son histoire. Derrière lui, sa queue majestueuse battait l’air, ponctuant nonchalamment ses phrases. Son enfance libre puis sa jeunesse errante et enfin ses années de captivité, qui l’avaient plongé dans une sidération douloureuse où la colère faisait bouillir ses veines, il n’oublia aucun détail. À la fin de son récit, les larmes emplissaient son beau regard. L’une d’elle glissa sur le pelage de son museau et vint s’écraser sur mes doigts, me faisant exploser le cœur. Il se coucha sur la page de gauche, émettant un grognement approbateur lorsque je saisis mon stylo et commença à retranscrire son histoire mot pour mot. À la fin de mon texte, il posa une patte sous le dernier mot, comme s’il voulait y apposer sa signature, croisa une dernière fois mon regard, puis prenant appui sur la ligne rouge de la marge, il disparut derrière le point final. J’eus beau fixer ce point durant plusieurs minutes, espérant le voir ressurgir, il ne revint jamais. Mais en me penchant pour examiner la page à jour frisant sous ma lampe de bureau, il me sembla distinguer une empreinte féline dont les coussinets avaient dessiné un prénom à l’encre sympathique : Jack.