Poème : si tu imagines…

« Ceux qui rêvent éveillés ont conscience de mille choses qui échappent à ceux qui ne rêvent qu’endormis. »

Edgar Allan Poe

  
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Petit homme à naître

Tu peux tout imaginer 

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Imagine un monde baigné de lumière 

Imagine des nuits de soie douce

Imagine des jours de vent chaud  

Imagine des heures blondes et belles 

Imagine des mots clairs et vrais 

Imagine des hommes bons et sages 

Imagine un temps infiniment paisible

Imagine un monde brodé d’amour 

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Si tu l’imagines

Aussi beau que ton âme 

Si tu l’imagines

Aussi grand que ton Coeur

Il  finira bien par exister 

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Petit homme à naître 

Rêve ce monde en couleur 

Habille-le de ta lumière 

Pour qu’il te suive 

Emmerveillé 

Sur le chemin les étoiles 

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Vidéo : La vie ne tient qu’à un fil

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Quand un fil

Marche sur un fil

Que se racontent-ils ?

Des histoires de fils…

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Photo et film David Weiller

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Ne dit-on pas : Qui se ressemble, s’assemble ?

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La vie, parfois mince comme un fil

Parfois solide comme un fil

Immortelle

Comme un fil

S’enroulant en double hélice

Autour d’elle

La vie pelotonnée

Autour d’une idée folle qui germa un jour dans l’imagination de l’univers

N’est-elle pas la plus belle ?

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Une image…une histoire : Par la fenêtre

Ce texte a été écrit à l’origine pour paraître dans le site « Maison témoin » de Christine Jeanney

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Photo MC Grimard

J’en ai visité des maisons, témoins et sans témoins, avec ou sans les propriétaires, avec ou sans soleil, avec ou sans meubles, avec ou sans grenier, avec ou sans jardin. Je n’ai encore jamais réussi à trouver celle qu’il me fallait. Celle-ci est vraiment différente, on dirait que chaque pièce a été décorée par une personne différente. Même la cave est personnalisée…

Il faudra bien que je me décide à trouver un nouveau lieu de vie. Tout changer, c’est facile à dire, moins facile à réaliser.

Il faudrait déjà que je réalise ce qui m’est arrivé, que je l’admette. Toute une vie chamboulée en quelques secondes. Repartir à zéro, et ne regarder que devant soi.

Je n’ai pas tout perdu, il me reste le travail. C’est déjà très beau d’avoir du travail à notre époque, tant de gens n’en ont pas. Le travail, je n’existe que par lui, que pour lui. C’est pour cela qu’il faut que je retrouve une maison qui me convienne, un lieu qui serait mon prolongement où j’entasserais tout ce qui me ressemble. Un lieu où j’aurais envie de passer du temps, histoire de ne pas passer ma vie au travail !

Mais ce que je souhaite vraiment, ce n’est pas quatre murs pour y entasser ma vie. Si j’écoute mes désirs, ce que je préfère c’est avoir un jardin autour des quatre murs. Je pourrais passer ma vie dans ce jardin, et après être rentrée à l’intérieur, je pourrais passer des heures devant la fenêtre à regarder ce jardin. Il n’y a que là que je me sentirais enfin moi-même, couchée dans l’herbe la tête sous le tilleul et les pieds dans le plantain. J’aurais aimé être un campagnol ou une musaraigne pour passer ma vie à courir dans l’herbe, ou une chouette pour les voir courir d’en haut.

Ce qu’il me faut c’est un beau jardin et de jolies fenêtres pour voir le jardin.

Ici, les fenêtres sont belles ; ils les ont habillées de grilles en fer forgé. On a l’impression qu’elles dansent autour du temps. Devant la fenêtre un pic épeiche sautille sur le gazon. Il m’a vu et s’envole dans le hêtre pourpre. J’ouvre la fenêtre et l’évidence me saute au visage. C’est ce jardin qu’il me faut.

Une maison témoin, après tout, est faite pour donner envie aux gens de se projeter dans une nouvelle vie. Je n’ai jamais fait les choses comme tout le monde, moi je me projette dans le jardin. Je vais leur faire une proposition, ils accepteront peut-être que je m’installe dans le jardin ou à défaut que je reste assise devant cette fenêtre.

Si je promets de ne pas gêner les autres visiteurs…

Texte et Photo M. Christine Grimard


  

  

Photo du jour : laisse couler les jours 

 

photo mc grimard

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Autant en emporte le temps

La confiance donnée à mauvais escient

Les illusions perdues

Les désillusions

Les déceptions

Les chagrins

Les coups

Les injustices

Les mauvais jours

Autant en emporte le fleuve

Laisse ta vie couler entre les arbres

Donne et n’attends rien en retour

Laisse les jours passer

Laisse couler

Les jours

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Phrases 45 : Mots fleuris

« Pendant une bouffée de silence, épaisse comme une brume,

je viens d’entendre choir sur la table voisine les pétales d’une rose qui n’attendait,

elle aussi, que d’être seule pour défleurir. »

Colette

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Photo M.Christine Grimard

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  • L’espace d’un instant, elle crût que le temps ne lui était plus compté, l’éternité s’avançait à sa rencontre sur le chemin; dans un souffle, elle s’éveilla lorsqu’un rayon de lune lui caressa la joue, compta ses pétales puis rassurée se rendormit.
  • Dans une bouffée de brume, la rose émergea de son rêve d’alizés; elle défroissa ses pétales, se rafraîchit d’une larme de rosée, frissonnant sous la caresse du vent de l’aube; c’était septembre, l’été ne reviendrait pas.
  • En s’éveillant, elle sût que ce jour d’automne serait son dernier; elle rassembla sa joie de vivre pour déplisser ses pétales et étendit ses étamines au soleil de septembre pour que tout le jardin se souvienne de sa couleur inimitable.

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Photo du jour : fin de saison 

« Deux biens sont aussi précieux pour nous que l’eau ou la lumière pour les arbres : la solitude et les échanges. » 

Christian Bobin
 

photo M.C.Grimard

 
Entre été et automne 

Mi-figue, mi-raisin 

Mi-temps entre lumière et brumes 

Septembre étire ses petits matins blêmes 

Refusant de choisir entre fraîcheur de l’aube et chaleur des soirs

Qu’il est bon de s’installer sur la terrasse 

Pour écouter les feuilles craquer et les regarder tomber 

Dans la douceur des derniers après-midi d’été 

Savourer la caresse du soleil 

L’odeur âpre des coings 

La saveur pourpre des pêches de vigne 

Déguster les derniers fruits de l’été déjà teintés d’automne 

Apprécier les derniers jours de chaleur 

Aimer cette lumière 

Avant qu’elle ne se cache derrière les premiers brouillards d’octobre.

Aimer ses quelques instants de solitude et les partager ici…