Clichés 85 : Penser le monde

« Ce qui manque à ce monde, ce n’est pas l’argent.

Ce n’est même pas ce qu’on appelle « le sens ».

Ce qui manque à ce monde c’est la rivière des yeux d’enfants, la gaieté des écureuils et des anges. »

Christian Bobin

*

Photo M.Christine Grimard

*

Un petit homme

Avance

Vers son avenir

Et c’est tout l’avenir du monde

Qui marche avec lui

*

Photo M.Christine Grimard

*

Sur l’écorce vieillie

Quelque signe de vie

Rejaillit

Et c’est tout le jardin

Qui sourit

*

Photo M. Christine Grimard

*

Sur mon toit de lauzes

Vermoulu

Je me pause

Fourbu

Et dans la lumière

Je déguste et j’espère

*

Photo M.Christine grimard

*

Goéland mon frère

Glisse en silence

Sur ton miroir

Invente une danse

De douceur et d’espoir

Sur terre et sur mer

*

IMG_7160

Photo M.Christine Grimard

*

Qu’attends-tu mon ami

Que puis-je t’offrir

Pour que tu vives en paix

Et que tes jours soient aussi doux

Que ton regard sur moi

*

IMG_5393

Photo M. Christine Grimard

*

Besoin de rassembler mes pensées

De les apaiser

De recentrer sur l’essentiel

Besoin de sentir

Qu’il reste un peu de vie

Dans ce monde

*

Ateliers d’écritures de François Bon : « Artaud en juste 100 mots »

Dans le cadre des ateliers d’écriture de François Bon de l’été 2016, ce texte  a été écrit pour le quatrième atelier  : « back to basics, 4 | Artaud en juste 100 mots »

La consigne était : « 1 seul paragraphe compact, 100 mots maxi, le vocabulaire du texte d’Antonin Artaud « description d’un état physique » pour servir de trame, et pas de je »

Voici mon texte, l’état physique qui m’a inspirée étant le coma.

*

Sensation du corps hésitant entre surprise et désarroi. Au fond des yeux la brûlure salée de l’ultime larme versée au puits du désespoir. Terreur de sentir sa vie s’échapper par tous les pores. Sécheresse parcheminée de la langue transmise progressivement au reste du crâne. Dans la touffeur du renoncement, découverte de l’impossibilité du geste. Membres cartonnés semblant se détacher du corps. La mort brûlant chaque seconde, crépitement de braises au fond de la gorge, dernier souffle souffreteux nauséabond. Hésiter entre ultime battement de paupière et retour de conscience. D’un cri perçant, choisir la vie, crever les ténèbres de l’oubli.

*

NOEL 2013 058

Photo M.Christine Grimard

 

Poème : Remarques

« Il fait nuit partout sur terre.

C’est comme si les mots étaient un lépreux dont on entend de loin tinter la clochette.

Leur manteau est serré sur le corps du monde, mais ils laissent filtrer de la lumière. »

Yves Bonnefoy

*

466969_407674349340185_852567937_o

Photo M.Christine Grimard

*

As-tu remarqué que le ciel était noir ?

As-tu remarqué que la vie était courte ?

As-tu remarqué que la terre est si bleue ?

As-tu remarqué que l’espace est si vide ?

As-tu remarqué que le plaisir est doux ?

As-tu remarqué que ton sang est chaud ?

As-tu remarqué que la musique est bonne ?

As-tu remarqué que ton temps est compté ?

As-tu remarqué que l’univers est mystère?

As-tu remarqué que les fous sont si sages ?

As-tu remarqué que les sages sont si fous ?

As-tu remarqué que le jour est si doux ?

As-tu remarqué que la nuit est si belle ?

As-tu remarqué que ton cœur est rebelle ?

As-tu remarqué que ton corps est unique ?

As-tu remarqué que ton âme est éternelle ?

*

 

Phrases 43 : Mots lumineux

“La clarté, c’est une juste répartition d’ombres et de lumière.”
Johann Wolfgang Von Goethe
*

 

FullSizeRender

Photo M. Christine Grimard

*

  • J’ai fait le choix de la lumière pour rester vivante et si je focalise sur elle plutôt que sur les ombres qui l’enserrent, c’est pour garder l’espoir qu’elle m’accompagnera jusqu’au bout du chemin.
  • Que donner de mieux qu’un sourire à l’inconnu qui passe ? Peut-être un regard plein de lumière attentif à ce qu’il cache au fond du sien, peut-être un mot d’espoir à peine murmuré, posé juste au bord des lèvres comme on dégusterait sa vie juste du bout du cœur.
  • M’arrêter un instant devant cette feuille soulignée de clarté et retenir mon souffle pour ne pas la déranger dans son bain de lumière, juste un instant pour partager son plaisir, et sentir sur ma joue la caresse du dernier rayon du soleil en guise de « Bonsoir ».