Poème : D’encre et de sel

“Les mots sont nos esclaves.”
Robert Desnos
*

photo d’auteur inconnu

*

Écrire à la main

Pour dessiner sa vie

A l’encre ou à la craie

Pour caresser les lettres

De l’endroit à l’envers

A rebrousse-poil

Ou dans le sens du vent

Dans le sens du frisson

Et qu’elles s’allongent sur la page

Voluptueusement

Amoureusement

Pour plaire à l’auteur

Qui les a fait naître

Des brumes de son âme.

Les jeter dans la lumière

Teintées d’encre violette

Pour que dans le soleil

Elles puissent enfin briller

Dans un éclat de rire

Et que le souvenir

De leur simple beauté

Et de leur goût de sel

Reste sur les papilles

Du lecteur consentant

*

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37 réflexions sur “Poème : D’encre et de sel

  1. L’écriture manuscrite : bientôt un souvenir perdu ? Calligraphie : un art à portée de tous (comme un prolongement naturel de la main nue qui écrit dans l’air).

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  2. écrire et lire, aller-retour

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  3. On devient paléographe à vouloir se relire au milieu de toutes ses ratures. C’est sans doute le privilège de l’écriture manuscrite que de mettre de la nuance humaine dans le geste et la main, ici une trace de tremblement, là des pleurs, ce que ne sait faire la sèche typographie de ses machines à écrire et leurs étendages au vent de noir sur blanc.

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  4. Ecrire à la main c’est comme écrire avec son sang …c’est un prolongement qui vient de l’âme pour s’évaporer le plus lentement possible…(c’est en tout cas ce que souhaite l’écrivain) jusqu’à ce que, peut-être, quelqu’un la lise, l’interprète, etc…Et…je crois bien que certains ont été jusqu’à être « esclave » de leur écriture ne pouvant plus s’arrêter d’écrire…Je songe à Balzac, par exemple ou Simenon…On peut être « addict » à l’écriture…C’est bien sûr, à mon sens en tout cas, moins grave que d’être « addict » à d’autres possibilités…

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    • Ou écrire avec son sperme, sa sueur et ses pleurs suivant Flaubert (Les Mémoires d’un Fou) il faut bien reconnaître que chez cet immense auteur il s’agit d’une figure de style, ses manuscrits en témoignent. On est loin de Lady Gaga et de ses frasques commerciales http://www.lepoint.fr/art-de-vivre/sentir-le-sang-et-le-sperme-un-must-12-02-2012-1430568_4.php

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      • Dans ce cas-là les femmes seraient exclues de l’exercice !
        Mais tant d’hommes le souhaitent de toutes les manières qui soient dans ce monde !
        Exclues de la rue, exclues des institutions, exclues de l’écriture pourquoi pas, finalement ça serait logique !

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    • Vous avez raison Patrick
      Poser ses mots sur le papier c’est y déposer ses gouttes de sang.
      J’admire tous ces écrivains qui le faisaient à la plume, ce qui ajoutait encore à la difficulté, plus le fait de ne pas avoir de lumière le soir…
      C’était un sacerdoce !
      Aujourd’hui c’est beaucoup plus facile finalement 🙂

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      • Il semblerait que ce n’est pas « déposer son sang » à la manière d’un pacte avec le Diable mais « comme déposer son sang » Il faut faire attention, il y a des jeunes influençables qui parfois ne savent pas faire dans la nuance.

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      • Je viens de voir que ce commentaire évoquant le diable s’était naturellement posé seul dans les « indésirables » d’où je viens de l’extirper (désolée…).
        Je pense qu’il faut connaître le mal pour pouvoir le combattre et avoue en pas comprendre pourquoi certains se plaisent à le faire, et surtout à faire souffrir comme but premier ans leur vie. Je parlais d’écrire avec son sang, au sens d’écrire avec son âme, mais pas dans le sens d’un pacte quelconque.
        La vie est tellement courte sur ce chemin, pourquoi se la gâcher avec autant de négativité. Aimer, apprendre, construire et partager dans la sérénité me semble être une feuille de route plus intelligente.

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  5. @ MC. À trouer les ombres on fait de la lumière fromagère en épicerie. 🙂

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  6. Les jolis mots de la langue française dansent autour de moi et viennent me dire : essaie de m’attraper si tu peux ! Certains brillent comme des pierres précieuses longuement taillées et polies, d’autres ont la saveur du du fruit sauvage de la Gaule chevelue…ou des épices d’Orient.

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  7. …vite, vite, c’est à la main de les attraper comme des papillons, et de les coucher sagement sur le papier ou sur la toile.
    A l’époque du porte-plume et du crayon, je ne pouvais m’empêcher de gribouiller à côté. Une fois, un prof de 6ème me surprenant et m’arachant la feuille, est tombé en admiration, au lieu de me gronder : »c’est comme ça que ça commence ».
    Phrase énigmatique alors.
    Moi, je pense que j’ai dû être un scribe égyptien dans une vie antérieure.

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  8. Un dévoilement précieux du caractère … cette écriture qui révèle tout

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  9. Comme c’est bien écrit et belle photo….Bon week-end….Bises

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  10. Il y a quelques jours, n’ayant rien d’autre sous la main, je me suis saisi d’un crayon noir. Je l’ai tourné dans un taille crayon et pris quelques notes. Ça faisait des années que cela ne m’était plus arrivé. Je me suis promis d’en acheter un avec un petit carnet et de m’y remettre. On pense autrement avec un crayon entre les doigts que face au clavier, c’est certain.

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    • J’ai toujours un carnet sur moi et des stylos de couleurs improbables, à l’encre violette ou turquoise ou …
      Un reste d’enfance dont je n’arrive pas à me départir, et je ne pense jamais à prendre ce genre de notes sur mon téléphone, bizarrement !

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  11. Il faudrait revenir à l’apprentissage de l’écriture avec le crayon, la craie, et le porte plume, seuls instruments qui incitent à la poésie et à la,peinture.
    L’usage du stylo à bille autorisé à l’école, a été la mort programmée de l’imagination, et le triomphe du matérialisme.

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  12. C’est très beau !
    Et en plus, c’est le nom de mon blog ^^ J’aime ce genre de coïncidences ♥
    Bonne continuation à toi.
    Bises

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  13. La vie m’écrit demain .
    Je ne saurais pas dire si c’est d’encre violette
    Ni qu’elle me choisit un destin
    ( je n’en fais qu’à ma tête ) ! –

    Je suis né par accident
    Parce qu’un jour mon auteur
    Qui aimait cette couleur
    Fut un peu imprudent

    En voulant remplir les pages
    Contre l’avis du vent
    Le livre s’est fermé brusquement,
    Et plutôt qu’en être otage

    J’ai fui sous le canapé
    En emportant quelques lettres
    Que je pourrais peut-être
    Utiliser sans me faire attraper.

    J’ai donc dû m’aplatir
    Le nez dans la poussière,
    Avec tous ces caractères .
    Ils m’ont aidé à grandir,

    A me rendre autonome
    Ce fut une aventure
    De se lancer dans l’écriture,
    Nom d’un petit bonhomme !

    Me glisser dans un feuille,
    Une autre encore et ainsi de suite
    Mon récit n’a pas de limite
    Jetez-y un œil

    J’y inscris les rires
    Je m’invente des personnages
    Pars pour de lointains voyages
    Parcours des souvenirs

    Je rencontre Prévert…
    Ah, ce qu’on a rit,
    Au rayon poésie
    En vidant des vers…

    Il faut être un peu ivre
    Pour qu’au moindre prétexte
    On caresse un texte,
    Qu’on écrive un livre.

    Je n’ai aucun programme
    Est-ce grave, docteur ?
    D’avoir échappé à son créateur
    Et des brumes de son âme ?

    RC –

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