Journal : promenade en gris 

« Ce qui demeure des entreprises humaines, ce n’est pas ce qui sert, c’est ce qui émeut. » Le Corbusier 

   
    
   

Parfois ce qui a servi à aider nos ancêtres à vivre, est émouvant aussi, pour l’histoire humaine qui reste accrochée aux pierres. 

Promenade aux acqueducs de Bonnant, sous un temps gris de fin d’hiver. (Anciens acqueducs qui fournissaient en eau, la ville de Lugdunum).

Sous le soleil, les pierres laisseraient  éclater leurs nuances beiges et rousses, mais leur majesté n’a pas besoin de plus de lumière pour s’imposer. Il n’en reste que des bribes, mais chaque arche raconte les efforts des hommes qui l’ont conçue et bâtie. 

Et je reste là, à imaginer ce qu’était leur vie, peut-être au fond pas si différente de la mienne…

Photos et texte m.christine Grimard

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26 réflexions sur “Journal : promenade en gris 

  1. Il est vraisemblable qu’avant la raison, c’est la sensation qui s’imprime dans notre esprit !

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    • Vous avez raison Jacques, nous sommes d’abord un être sensible qui a tenté d’apprendre la raison (et qui n’y parvient pas toujours en ce qui me concerne..).
      Bonne journée à vous, Jacques toute en sensibilité 🙂

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    • Patrick Devaux

      Intéressant commentaire, Jacques, et qui me fait penser du point de vue « humain » au « coup de foudre »…On dit d’ailleurs souvent que « la première impression est la bonne »…

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    • Bien d’accord aussi
      [La pensée n’est-elle pas de la sensation cristallisée ou (raffinée suivant la conception qu’on en a) ?
      La pensée ne commence t-elle pas déjà sur la peau,
      et ici tout particulièrement
      sur cette peau qui ayant fait « vœux d’extrême fragilité » (sourire)² devenue rétine ? ]
      Un des plaisirs de cette page est d’ailleurs le passage (le versement) de l’un dans l’autre.

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      • J’aime cette idée de perception cristallisée de la pensée à travers les milliers de bâtonnets de notre rétine, ou de terminaisons sensitives de notre peau.
        Je l’imagine sous la forme de microparticules étincelantes transmettant à notre cerveau leur énergie de loin en loin jusqu’à la concrétisation de cette sensation sous forme d’image ou de frisson…

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  2. Les Romains amenaient l’eau courante dans les grandes villes en construisant des acqueducs. Ils répandaient ainsi la civilisation.
    De même aujourd’hui, la France, dont c’est une des spécialités, amène l’eau courante dans bien des pays à travers le monde qui en sont dépourvus.

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    • L’eau, source de vie, devient aujourd’hui un trésor et source de bien des conflits. Nous vivons sur un terreau d’histoire, mais avons-nous vraiment retenu les leçons du passé, alors que nous avons bénéficié de toute l’expérience des anciens ?

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  3. Dans l’Antiquité, l’eau était sacralisée, on adorait les sources et les rivières…toute profanation était donc sacrilège et passible de peine de mort.
    Tout a changé.
    Au Japon, où les montagnes sont encore sacrées, l’usage du ski pose problème, car il pollue la neige.

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  4. Les aqueducs étaient aussi des sortes de portes (on passait sous l’eau). Belle promenade « en près d’ici »…

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  5. Patrick Devaux

    Le temps transforme les utilités humaines en œuvre d’Art…juste de quoi nous laisser une idée de la vie de nos ancêtres…Que restera-t-il de nos vanités fort provisoires et fort virtuelles? …Quand je pense que le top pour certains est d’acquérir toutes sortes d’engins pour être soi- disant « connectés »…C’est tellement mieux, comme vous…d’être connecté(e) à autrui…y compris l » autrui » …d’avant…(ceci dit certains Romains avaient une très très belle vie…Par contre …leurs esclaves, les gladiateurs, etc…n’avaient certainement pas une vie enviable) …C’est un très bel endroit…On dirait que la Nature se rapproprie l’endroit…

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    • Les aqueducs sont préservés et réhabilités en partie, mais le trajet n’est plus complet. Les enfants des écoles viennent visiter les sites ainsi que les villas gallo-romaines de la région un peu plus au sud, ce qui est un livre d’histoire à ciel ouvert, plus parlant pour ces jeunes habitués aux images plus qu’aux mots…
      Je suis fascinée par l’humain, comme vous le savez cher Patrick, par ses traces aussi et par son devenir. Plus que ses propres interrogations intestines, il me semble que ce qui brille dans le regard de l’autre est plus intéressant…
      Ce qui a animé nos ancêtres est aussi une partie de notre trésor humain 🙂

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  6. @dominiqueh. Maintenant les arches sont des portes ouvertes sur notre passé. On peut imaginer qu’en se concentrant bien et avec un peu de poudre d’escampette magique, on puisse les franchir et aller voir là-bas si la vie était plus douce…

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    • On pourrait même se poser la question de savoir si la ville gallo-romaine était plus douce que l’oppidum gaulois, comme l’eau transportée ici dans la mesure ou ces constructions prédatrices en campagnes servaient l’urbs et les instruments du pouvoir et ses attributs de l’époque. Je pense que oui, plus de confort et Dolce Vita certainement pour les citoyens de l’époque. C’est la naissance de la ville en Gaule au milieu du pagus gaulois traversé ici par le béton de la victoire du stratège politique et juridique Romain, de son offre culturelle et plus généralement victoire de l’écrit face à la spontanéité et l’improvisation batailleuse et brouillonne des gaulois plus proches de la nature oraculaire et de ses temples géologiques que de la ville du théâtre et du spectacle. Et ainsi comme tous les peuples sans écriture ni béton, ils sont vaincus par la force et l’oubli donc deux fois, puis assimilés dans ce qui fait un particularisme local hérité chez les français pour le meilleur et pour le pire. Vous savez les USA d’aujourd’hui sont les Romains d’hier, ça résume assez bien un processus universel d’acculturation par la puissance économique connu de longue date. Entre assimilation et résistance il existe des tensions souvent motivées. Rien ne change vraiment et les portes sont toujours ouvertes sur le présent, car les hommes ne changent pas ou si peu.

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      • Les hommes ont le même but depuis toujours, améliorer leur confort, leur puissance, leur survie. La « civilisation » est au service de ces but.
        Reste à savoir où la main-mise de la race humaine doit s’arrêter pour laisser vivre le reste de la planète !
        En leur temps, les aqueducs ont dû être décriés, gâchant le paysage et introduisant de la romanité là où les gens vivaient en paix …
        Tout n’est qu’un éternel recommencement 🙂

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      • Ah ! Mais c’est que les Romains après avoir beaucoup fait la guerre imposèrent la fameuse Pax Romana. Et une fois la caste spirituelle des Druides décimée, les nouveaux Dieux urbains remplacèrent ceux de la nature et les gaulois eux-mêmes redemandèrent encore et encore plus de confort, de toges, d’honneurs, ils firent même du zèle histoire de fayoter avec le patron (les évergètes) . « Plus Romain que moi tu meurs » fut le mot branché de l’époque et Le regard du paysan dans la ville souvent moqué (beaucoup moins aujourd’hui) n’a pas d’autre origine. Que de la vieille histoire contemporaine.

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      • En effet, il semble que nos vœux schémas aient la vie dure…
        Quand apprendrons-nous la verticale paix qui est de laisser les voisins vibrent selon leurs désirs sans envier ou voler le bonheur qu’on imagine être le leur ?
        Utopie…

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  7. Pour les Gaulois, le pouvoir religieux- les Druides – était séparé du pouvoir temporel, donc politique, comme en France actuellement, alors qu’à Rome, l’Empereur était le chef sprituel et temporel de l’Empire. D’où les conflits.
    Mais les Dieux étaient les mêmes, sous des noms différents.

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    • Les Dieux étaient grosso-modo assimilés par acculturation face à une domination de fait mais difficile de trouver l’équivalent d’Epona de Borvo et tellement d’autres dans le panthéon Romain qui imposa surtout la triade capitoline (Jupiter-Junon-Minerve) dans des temples architecturés. En archéologie on trouve beaucoup de faits au travers des ex voto par exemple, qui ne trouvent pas d’interprétations satisfaisantes. Il existe des rites particuliers au gaulois que nous ne savons pas interprèter parce qu’une fois encore il s’agit d’un peuple sans écriture et ceux qui écrivent sur eux (leurs contemporains)sont les vainqueurs : ils ne voient que ce qu’ils veulent ou peuvent voir ou interpréter et notamment les croyances. La christianisation procéda de même en imposant sa multitude de Saints substitutifs… Pour ce qui est de la laïcité des structures « politiques » chez les gaulois, je pose mon joker. 🙂 Bonne journée à vous et nos excuses à Christine de déborder un peu long sur son blog. 😉

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    • La séparation des pouvoirs étaient garante de plus de paix probablement. Les dieux-empereurs s’amusaient en regardant les hommes souffrir, à moins que ce ne soient ceux qui en tiraient les ficelles…

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  8. Bien !! tout cela … belles discussions Intéressantes
    Mais l’utile , est doublement nécessaire dans l’harmonie des lieux et des formes

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