Clichés 53 : inutilités (2)

“C’est véritablement utile puisque c’est joli.”Antoine de Saint-Exupéry

Le Petit Prince

Photo M. Christine Grimard

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Photo M. Christine Grimard

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Photo M. Christine Grimard

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Photo M. Christine Grimard

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Photo M. Christine Grimard

 

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Photo M. Christine Grimard

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Des petits riens

qui jalonnent le chemin

et nous aident à aller plus loin …

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Phrases 19 : Mots effacés

« J’appelle l’amour et la compassion une religion universelle. Telle est ma religion. »

Dalaï Lama

Photo M. Christine Grimard

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  • Le soir descend sur la mer, au loin, une voile avance en silence; elle glisse en douceur sur un océan d’étincelles, emportant les tourments du jour; lorsqu’elle aura disparu à l’horizon, de son sillage ne restera qu’une ligne bleutée que le crépuscule effacera d’un trait noir.

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  • Le cœur des hommes bat pour tant de futilités, répétées chaque jour, qu’il n’y a plus de place pour l’humanisme, et de ces jours enchaînés ne restera que le souvenir à moitié effacé de l’humain qu’ils auraient dû être,  volatilisé à l’horizon dans le tourbillon de l’oubli.

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  • Quand la nuit tombera effaçant les couleurs de la vie, je trouverai mon chemin dans ton regard et les ténèbres ne me feront plus peur.

Une image… Une histoire : Embarquement 

  
Photo d’un Auteur inconnu


Au village, la vie s’éteignait peu à peu. Les anciens étaient restés parce qu’ils étaient trop faibles pour partir. De toute manière, ils étaient nés ici, avaient vécu ici, alors ils n’avaient plus qu’à mourir ici. Les ressources s’amenuisaient et il n’y avait aucun espoir d’avenir pour ceux qui accepteraient de croupir ici.
Son arrière grand-père et son grand-père étaient pêcheurs, au temps où les eaux pullulaient de poissons argentés. Son père pêchait à la saison sèche et était cultivateur à la saison de la mousson, mais la terre était si pauvre qu’année après année la récolte se faisait plus mince. Depuis quelques mois, les milices parcouraient le pays et les rumeurs de guerre se rapprochaient.
Que pouvaient-ils attendre de ce pays, sinon la misère, la peur et la mort ?
Théodore avait un atout dans son jeu que lui enviaient les copains du village: la barque de son grand-père, qui dormait dans la baie, accrochée à un tronc vermoulu.
Il n’avait jamais navigué seul, son père refusant de le laisser affronter les dangers du lac avant qu’il soit devenu un homme. Les tempêtes étaient rares sur le lac mais leur violence en avaient surpris plus d’un, et plusieurs marins expérimentés avaient disparu à jamais dans les eaux noires et profondes du lac, là-bas vers l’est. Théodore n’en avait cure. Il savait qu’un jour, il embarquerait et que les flots l’emporteraient vers un rivage doré où la vie serait douce. Son père vieillissant lui avait appris le métier, mais il passait plus de temps à gratter sa terre aride, qu’à voguer sur le Lac. Peu à peu les poissons se faisaient rares, et la barque restait de plus en plus longtemps à flotter entre deux eaux qu’à naviguer.
Le village se vidait peu à peu, les anciens disparaissant, les jeunes partant sur les chemins vers la ville, ou vers d’autres cieux. Théodore était resté, même quand son ami Paul était parti, ne voulant pas laisser ses vieux parents seuls au village. Quand sa mère mourut et que son père la suivit dans la tombe quelques jours plus tard, il rassembla ses maigres affaires et prévînt ses amis qu’il quitterait le village le lendemain.

Lorsque les soldats arriveraient pour piller le village comme ils l’avaient fait dans toute la plaine alentour, il aurait disparu depuis longtemps.

Il finissait de rassembler ses provisions, quand il vit arriver Léon et Ted, ses deux amis d’enfance, qui avaient décidé de l’accompagner. Il ne savait pas si il était heureux de cette nouvelle, ou inquiet de ce qui allait leur arriver.

Il repoussa ses idées négatives, récupéra les quelques objets qu’il voulait emporter, referma son baluchon, attrapa son sac de provisions et le bidon d’eau, et avec un sourire, leur fut signe de le suivre.
Ils traversèrent le village encore endormi sans un bruit. Le lac étirait ses fumerolles de brumes, et au loin on entendait des feulements dans la savane. La barque de grand-père semblait les attendre, craquant doucement sous un léger clapotis.

Il n’y avait pas de vent. Théodore fut soulagé de traverser le lac avant que le vent ne se lève.

Il retrouva vite les gestes que son père lui avait appris et les passages sans danger jusqu’aux gorges du fleuve.

La journée fut belle, et ils débarquèrent pour passer la nuit sur un rivage sablonneux et abrité.
Le lendemain, ils ne croisèrent pas âme qui vive en descendant le cours du fleuve. Au passage délicat des rapides ils perdirent une partie de leurs provisions, mais rien ne vint entamer leur détermination.

Ils arrivèrent à l’embouchure alors que la nuit tombait et décidèrent de dormir sur la plage.

L’océan roulait ses galets dans un bruit d’enfer mais Théodore préférait ce grondement à celui des armes qu’il avait laissées derrière lui.

Il resta assis à contempler l’horizon longtemps après le crépuscule. Ses deux compagnons dormaient paisiblement contre la coque du bateau.

Il réfléchissait à la route qu’il devrait suivre demain. Il faudrait passer le mur de rouleaux, puis suivre la côte vers le nord, en prenant soin de ne pas trop s’éloigner du rivage, mais en évitant les barrières de récifs.

Un instant, il regretta d’avoir entraîné ses deux compagnons dans son périlleux rêve.

Il leva les yeux vers le ciel où brillaient des milliers d’étoiles. L’une d’elle scintillait plus fort que les autres, il eut la sensation qu’elle vibrait pour lui. Après tout, il fallait faire confiance.

Il regarda la barrière d’écume hurlante devant lui. Il allait jouer ça à quitte ou double. Il savait qu’il n’avait plus le choix.

Après tout, qu’avait-il à perdre, en dehors de sa vie…

Poème: les mots qui comptent 

  
Photo d’un auteur inconnu et de gâteaux aussi beaux que bons (probablement )

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Savoir dire

Les mots qui comptent 

Ceux que l’on dit avec les yeux

Ceux que l’on écrit avec le cœur 

Ceux que l’on entend encore 

Quand le silence descend sur la vie

Et que la nuit nous enveloppe 

Ceux qui brilleront longtemps 

Comme autant de petits cailloux 

Sur le chemin de nos souvenirs 

Dire les mots qui font plaisir 

Simplement pour les offrir 

Les envelopper de douceur 

Pour qu’au matin du dernier jour

Ils réchauffent notre cœur 

Et que le voyage soit plus court.

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Parmi ces mots simples, il y a « merci « .

Un grand merci à tous ceux qui prennent la peine de suivre ce blog et qui m’ont fait le grand plaisir de me souhaiter un bon anniversaire.

Grand merci pour votre présence et votre attention, qui me sont très précieuses.

Photo du jour : Rassemblement

“Ainsi va le monde ici-bas.
Le temps emporte sur son aile
Et le printemps et l’hirondelle
Et la vie et les jours perdus”
Alfred de Musset
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hirondelles

Photo M.Christine Grimard

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Tournent les saisons

Et les souvenirs

Que le temps emporte

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Une feuille jaune

S’envole au matin

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Vole au vent mauvais

Qui glace les heures

Et crispe les mains

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Une feuille brune

S’envole au matin

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Et les hirondelles

Comme autant de notes 

Aux portées du ciel

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Et la feuille rousse

S’envole au matin

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