Une image…une histoire : Lumières (Partie 6)

Khalil Gibran écrivait que l’amour était

« un mot de lumière, écrit par une main de lumière, sur une page de lumière ».

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La journée était chaude, pourtant dans la maison de Germaine, il faisait frais. Julia eut la sensation d’entrer dans un four lorsqu’ils quittèrent la vallée ombragée par les châtaigniers et qu’ils prirent le sentier des crêts. Erik lui expliqua que c’était un raccourci et qu’ils redescendraient bientôt dans la combe où se situait la bergerie.

Une centaine de mètres plus loin, le chemin serpentait entre une rangée d’arbres immenses. Julia s’arrêta pour les admirer, impressionnée par leur majesté, Erik lui expliqua qu’ils avaient été plantés deux siècles plus tôt, lors de la construction de la grande maison, qu’il désigna d’un geste vague de la main. Julia remarqua alors un bâtiment sombre à moitié dissimulé sous les frondaisons. Cet endroit lui donnait la chair de poule et l’attirait à la fois comme si la maison l’attendait.

Mais déjà Erik avait continué à avancer. Elle le rattrapa en quelques pas avant qu’il ne s’aperçoive qu’elle était restée en arrière à contempler la « grande maison ». En lui montrant la vallée qui s’étalait à leurs pieds, il expliquait que cette terre était autrefois vouée à la culture du pastel et que c’est ce qui avait fait la fortune des hommes qui vivaient là. On parlait alors « d’or blanc » et de pays de cocagne, sur ces collines fertiles on produisait cette plante mythique qui permettait de teindre la laine d’un bleu incomparable. Mais la plante étant très exigeante, les sols furent bientôt épuisés et la culture se poursuivit plus loin dans une autre vallée, les hommes durent suivre et s’adapter ou mourir. Il existait encore un moulin pastelier désaffecté qui était dédié à la préparation des boules de feuilles de pastel sur le bord de la rivière, mais plus personne ne savait fabriquer l’agranat pour les teinturiers, en dehors des musées. Quant à la fleur et à ses secrets de couleurs, il y a longtemps qu’ils avaient été oubliés. Les industriels avaient réussi à produire d’autres instruments pour nourrir la passion des peintres et ils étaient peu nombreux à rechercher la rareté de ce bleu incomparable.

Erik parlait, parlait, de la beauté de ce pays, des reflets du pastel, de la blancheur du crêt, des orages sur la montagne, des étés brûlants, des hivers rudes, du courage des hommes qui avaient cultivé ces parcelles au moyen-âge, en ponctuant se phrases de grands gestes et sans reprendre son souffle. Ils étaient arrêtés au bord d’un ravin où l’on devinait encore le trajet d’un éboulis d’énormes pierres blanches qui brillaient au soleil, éblouissantes, et qui devaient être là depuis un millier d’années. Julia était fascinée par la beauté du site, et la passion de son compagnon. Elle comprenait combien il pouvait être attaché à un pays tel que celui-ci, il avait suffi de quelques heures seulement pour qu’elle se sente liée à ce pays, elle qui n’avait toujours été que « de passage » partout où le vent avait conduit ses pas. Et cette sensation lui était plutôt agréable, contre toute attente.

  • Venez, suivez-moi, c’est par ici, dit Erik, en lui désignant quelques marches creusées à flanc de rocher.

Ils quittèrent l’allée ombragée de la maison principale, et après quelques marches arrivèrent sur une esplanade dégagée entourée de rochers formant un arc de cercle. Contre la falaise, s’adossait une maisonnette basse au toit de lauzes. La végétation l’encadrait, lui donnant une allure de cabane de contes de fées. Julia sourit, elle avait l’impression d’arriver dans la cabane des sept nains, mais se garda bien de le dire.

–> A suivre <–

14 réflexions sur “Une image…une histoire : Lumières (Partie 6)

  1. Les pastels sont aussi des traces de ciel, fugaces ou estompées.

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  2. J’aime bien marcher en montagne; c’est agréable, le matin au réveil! Merci Marie Christine

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  3. Du bleu pastel… Une maison magique… Vivement la suite !

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  4. @ Khalil Gibran : il ne suffit pas d’aimer, il faut savoir aimer.
    La science du sentiment d’amour, sera la grande étude du XXIeme siècle.

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  5. @ Khalil Gibran : il ne suffit pas d’aimer, il faut savoir aimer.

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  6. Je travaille la terre de l’ argile dans un atelier et on est toujours a la recherche de ce bleu pastel comme c’est dommage que cela est disparu j’adore vos histoires

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