Les Filles de la Lune (Partie 15)

404965_212811665510095_1003824736_n

Le lendemain, l’état du blessé s’était nettement amélioré.

Quand Bertrand, son compagnon ouvrit les yeux, il vit que son ami avait repris des couleurs. Luna était à son chevet, lui faisant boire un peu de sa potion émeraude, puis quelques cuillères de potage. Tristan était de nouveau conscient et son regard avait retrouvé plus de vivacité, il parvint même à lui sourire.

Les autres hommes de leur groupe, avaient quitté le village au petit matin, pour regagner leur ville, en promettant d’envoyer de l’aide pour rapatrier le blessé dans les jours suivants. Luna leur avait indiqué qu’il faudrait attendre plusieurs jours avant qu’il ne soit possible de le transporter.

Mais l’état de Tristan s’améliorait de jour en jour, et à la fin de la semaine, il put se lever et participer à la vie du village. Il était trop faible pour reprendre la route, et ne pouvaient pas rester indéfiniment dans la maison commune, en attendant le retour de ses hommes.
Pierre et Luna n’avaient jamais quitté leur village, mais ils savaient que les routes étaient périlleuses, surtout en temps d’hiver. Ils n’imaginaient pas ce que le voyage représentait, mais les deux compagnons leur avaient expliqué qu’il leur faudrait deux semaines pour regagner leur ville. Pierre leur proposa de les héberger jusqu’à leur départ, ce qu’ils acceptèrent. Dans les jours qui suivirent, Bertrand tenta de l’aider dans ses tâches quotidiennes, mais il n’avait jamais appris le travail de la terre, et malgré sa bonne volonté, les premiers jours furent laborieux. Cependant, chacun apportant aux autres, son expérience et ses connaissances, leur cohabitation fut un moment de grand enrichissement mutuel. Luna poursuivait ses soins et Tristan eut bientôt recouvré toutes ses facultés. Sa grossesse était déjà bien avancée, mais elle ne ménageait pas sa peine, malgré l’inquiétude visible sur le visage de Pierre.

Bientôt le blessé fut en état de se lever, mais ses mains douloureuses ne lui permettaient pas de participer aux travaux. Il restait près de la cheminée et observait la vie de la maisonnée et tous les villageois qui défilaient, pour venir demander de l’aide à Luna. Elle distribuait indifféremment les potions et les conseils, jusqu’à une heure avancée du jour, sans prendre garde à son dos ou à son ventre douloureux.

Un soir, elle s’arrêta brusquement, pliée en deux par la douleur, une main sur les reins et l’autre sur le ventre. Sans un cri, elle s’assit dans le recoin de la fenêtre, la sueur perlant sur son front, les yeux clos. Tristan, inquiet, fit sortir les dernières personnes présentes et s’approcha d’elle:

–         Que vous arrive-t-il ? voulez-vous que j’aille chercher de l’aide ?

–         Non, ne vous inquiétez pas, répondit-elle d’une voix blanche. Donnez-moi, la fiole bleue qui est sur l’étagère, s’il vous plaît.

Tristan, suivit la direction indiquée et trouva facilement la seule fiole bleue parmi toutes celles qui était sur ses nombreuses étagères. Il lui tendit le flacon et un gobelet de métal. Elle s’en versa une rasade, qu’elle but en fronçant les sourcils. Tristan n’aima pas l’odeur âpre qui s’en échappait, mais ne s’éloigna pas, observant l’effet obtenu. Quelques secondes plus tard, Luna se redressa. Elle avait repris des couleurs. Elle le regarda et lui sourit, se leva et dit :

–         Bien, je vais préparer le repas du soir. Merci de votre aide.

Elle s’approcha de la grande table où étaient étalés des légumes, et en regardant Tristan avec insistance, ajouta :

–         Il est inutile de parler de cet épisode à Pierre, cela l’inquiéterait pour rien. Je compte sur votre discrétion. Il a assez de soucis pour le moment.

Tristan baissa les yeux, n’arrivant pas à soutenir ce regard puissant, doux et autoritaire à la fois.

–         Je compte sur vous ? insista Luna.

–         Oui, bien sûr, finit par acquiescer Tristan. Il n’avait rien à lui refuser, après tout elle lui avait sauvé la vie.

Ce fut l’instant que choisirent Pierre et Bertrand pour rentrer. Tristan, gêné, baissait de nouveau la tête, ce qui ne trompa pas les deux hommes.

Pierre s’approchant de Luna, demanda :

–         Que se passe-t-il ici ?

–         Rien de particulier, répondit Luna en continuant à préparer ses légumes.

–         Il me semble que ton visage est tendu, dit Pierre.

Il jeta à coup d’œil à Tristan, qui baissa la tête de plus belle en rougissant.

Luna ne disait rien. Pierre insista.

–         Tristan ? Que me cachez-vous ?

–         Votre épouse semble se préoccuper plus des autres villageois que d’elle-même, répondit-il. Il me semble que vous devriez lui faire entendre raison, et de dans son état, ceci est une folie.

Luna lui jeta un regard incendiaire, ramassa sa marmite de légumes et sortit de la pièce, sans un mot.

–         Lui faire entendre raison, grommela Pierre. Voici justement ce que je n’ai jamais réussi à faire. Je suppose qu’elle sait mieux que personne, jusqu’où peuvent la mener ses forces, mais parfois, j’avoue qu’elle m’inquiète beaucoup !

–         Elle semblait souffrir tout à l’heure, et a dû boire un peu d’une de ses potions. Je ne sais pas ce qui s’est passé, mais vous devriez lui en parler.

–         C’est ce que je vais faire, dit Pierre, en se dirigeant vers la porte qu’avait pris Luna quelques instants auparavant.

A suivre ….

IMG_9931

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s