Une image… Une histoire: Regrets

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Depuis leur enfance, elle avait toujours été là pour lui.
Ils vivaient dans des pavillons voisins et avaient fréquenté la même école depuis la maternelle.
Elle était plus sage et plus maligne que lui, il l’avait toujours su.
Il était plus fort et plus courageux qu’elle, elle l’avait toujours su.
Ils se complétaient et quand l’un n’avait pas compris quelque chose, l’autre lui expliquait.
Ils avaient grandis en parallèle, tantôt amis, tantôt ennemis. Ils jouaient, ils luttaient, ils inventaient, ils apprenaient, ils rêvaient, ils riaient, ils pleuraient.
Ensemble, toujours.
On les croyait cousins, on les voyait jumeaux.

Quand vint le temps de l’adolescence, leur regard se troubla, leurs traits s’affirmèrent et leurs mots se teintèrent de craintes.
Chacun savait que l’autre lui manquerait à jamais s’il décidait de partir seul sur le chemin.
Mais ils étaient trop fiers pour le dire.

Il partit le premier, et elle sentit son cœur éclater quand elle le vit marcher au bras d’une couverture de magazine.
Elle chercha à se consoler, sans vouloir comprendre qu’elle cherchait toujours son regard dans celui de tous les hommes qu’elle rencontrait.

Après bien des déboires réciproques, ils furent de nouveau réunis, pour des vacances dans la maison de leur enfance, au bord de l’océan.

Marcher sur cette plage jusqu’au moment où le soleil se couche, était un de leurs grands plaisirs, mais ce soir là, un silence pesant les séparait.
Il le rompit, en lui racontant ses exploits avec sa dernière conquête.
Il espérait qu’elle en serait un peu jalouse, et la taquinait en se répandant en détails.

Il fut surpris quand elle s’arrêta brutalement en soupirant.
Il se tut et se tourna vers elle.

Il fut anéanti en voyant son beau regard noyé de larmes.

Elle lui tourna le dos et partit en courant.

À l’instant où elle s’éloignait, il sentit flotter dans son sillage, la fragrance amère de ses regrets…

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4 réflexions sur “Une image… Une histoire: Regrets

  1. il y a parfois plus dans des regards que dans des mots mais sans les mots on ne souviendra toujours que des regards et il faudra, plus tard, parfois, et même parfois trop tard, deviner les mots…

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    • Poser des mots sur les émotions sans crainte d’être jugé, garder sa sincérité, dire ce qui nous vrille le cœur, est pourtant si difficile parfois, que souvent , comme dans cette histoire, on regarde la vie passer comme un train dans lequel on ne parviendra jamais à monter.

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  2. l’enfance qui peut nous dire quand c’est fini
    qui peut nous dire quand ça commence
    Jacques Brel

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