Une image… Une histoire: Vitrail (2)

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Avant de retourner à la bibliothèque, ce matin là, Karen tenta une nouvelle fois de se rendre à l’église. En entrant dans la nef, elle réprima un frisson. La fraîcheur du lieu contrastait avec la chaleur extérieure, mais autre chose la glaçait plus profondément, une intuition négative qu’elle ne comprenait pas.
Elle décida d’être plus forte que sa peur et s’assit à quelques mètres du vitrail. Pourtant, il régnait ici une atmosphère paisible. Elle était seule, et la lumière qui filtrait des différents vitraux créait un patchwork aux couleurs de l’arc-en-ciel sur le sol irrégulier. C’était très beau, et cela aurait dû être très apaisant.
Mais ce n’était pas le cas pour Karen.

Elle ferma les yeux, tentant de se protéger des sensations pénibles qui l’envahissaient. Sa sensibilité extrême reprenant le dessus, elle imaginait toutes les prières, tous les chagrins, tous les espoirs, que les fidèles avaient partagés en ce lieu, et le poids de toutes ces peines humaines, l’écrasait.
De nouveau la sensation d’étouffer l’accablait.

Mais il y avait encore autre chose, quelque chose de plus lourd.
Plus lourd encore que tout le chagrin déversé ici.
Plus lourd que le poids des prières et des pleurs.

Elle tourna la tête vers le vitrail à la colombe. Une sensation d’étau lui broyait le crâne.
Un rayon de soleil traversa soudain le corps de l’oiseau, illuminant le transept et se posa sur la dalle de marbre qui bordait le pied de l’autel.

L’atmosphère avait changé.
Karen eut l’impression que le temps était suspendu.
La lumière semblait monter de la dalle et éclairer toute la scène.
Comme dans un rêve, elle se leva et s’approcha de l’autel.
Elle se pencha pour déchiffrer l’inscription, elle eut la sensation qu’un piège se refermait sur elle.

Elle sentit ses jambes se dérober et elle n’eut que le temps de lire cette phrase avant que sa tête ne heurte le sol:
« À ma fille bien aimée, que je n’ai pas su protéger.
Que Dieu qui connaît ta souffrance dans cette vie, t’accorde la paix éternelle.
Repose en paix, Karen, mon enfant. »

—A suivre—

4 réflexions sur “Une image… Une histoire: Vitrail (2)

  1. Matisse était à ses débuts.

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  2. nostalgie des voix qui se sont tues..

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