Les Filles de la Lune (Partie 5)

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Le lendemain, Lina se réveilla avec l’impression de sortir d’un sauna. Elle était encore assise sur sa chaise, la tête posée sur le plateau où se trouvait la statuette. La première chose qu’elle vit en ouvrant les yeux fut son prénom inscrit sur la couverture du carnet bordeaux. Elle se redressa brutalement, ainsi ce n’était pas un cauchemar, c’était bien réel.

Elle feuilleta le carnet qui resta muet. Les feuillets vierges attendaient qu’elle les écrive. Elle se sentait oppressée, prisonnière.

Sa mère avait voulu la protéger de cette histoire de fous. Et voilà que le passé la rattrapait.

Elle se redressa sur sa chaise et attrapa la statuette pour la détailler à la lumière du jour, l’approchant de son visage pour tenter d’en extraire le mystère. Elle avait l’air d’un simple morceau de bois, mais à y regarder de plus près, les veinules du chêne dessinaient un réseau convergeant vers le centre du thorax de la déesse, et se concentrant en formant une spirale à l’endroit exact où elle avait aperçu cette lueur durant la nuit. Elle posa la pulpe de son index au centre de la spirale, et sentit pulser le bois. C’était sans doute son propre pouls qu’elle sentait battre, du moins elle voulait le croire. Le rythme de ces pulsations battait à la seconde, calme et envoutant, rassurant.
Lina ferma les yeux, et se sentit apaisée, comme si ces objets ne pouvaient que lui apporter des bienfaits. Elle allait les garder, oui, ils étaient son histoire, et elle ne pouvait plus les abandonner dans un grenier poussiéreux. Elle remit le pendentif autour du cou, comme une évidence, alors que quelques instants auparavant, la statuette l’effrayait. Tout ceci la dépassait totalement, mais elle ne pouvait plus s’échapper. Pire, elle souhaitait poursuivre l’histoire de ces femmes, en écrivant la sienne.

Sereine, comme elle l’avait rarement été, elle décida d’intégrer cette nouvelle à sa vie quotidienne. Elle resterait la Lina qu’elle avait toujours été, fille de son époque ayant les pieds solidement ancrés dans la réalité du vingt-et-unième siècle, et ajouterait cette facette à sa personnalité.

Pour l’heure, elle avait des cours à donner, elle n’avait pas le temps de tirer des plans sur la comète. Elle se prépara en vitesse, toutes ces réflexions l’avaient mise en retard. Elle partit dans la fraîcheur du matin, en se disant que sa vie était tout de qu’il y avait de banal et qu’elle la poursuivrait ainsi.

Les collégiens qu’elle avait en cours, ce matin-là, furent égaux à eux-mêmes, l’histoire de l’Art représentant seulement pour eux, une note supplémentaire à obtenir à l’examen. Elle fut plongée dans sa réalité quotidienne dès la minute où elle entra dans sa classe, et sourit des craintes qu’elle s’était inventées durant la nuit. La journée se déroula selon le schéma habituel, et c’est seulement en poussant sa porte le soir, et en voyant les carnets restés sur sa table, qu’elle retrouva ses interrogations.

Après un léger diner, elle décida de se faire une opinion objective de la situation, et pour cela, elle lirait ces carnets attentivement, même si cela lui prenait plusieurs semaines. Après elle saurait ce que le destin attendait d’elle, et elle aviserait…

 

Elle prit le premier carnet, intitulé « Luna » et commença sa lecture.

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