Photo du jour : Maman

Maman !

Mot empreint de douceur,

Mot nourri d’amour et de sang.

Lignée vitale

Chemin d’éternité .

Merci de m’avoir fait naître fille, pour que je devienne femme, pour que je renaisse mère, pour que je transmette ma sève à d’autres poussières d’étoile,

Pour que ma fille poursuive la route après moi …

Merci pour la première fois où j’ai senti mes enfants vivre dans mon corps, merci de leurs coups, merci de leur lumineuse et miraculeuse présence .

Merci de cet instant unique où leur premier cri résonne, et où en les voyant pour la première fois, on se demande comment on a réussi à modeler un aussi beau miracle.

Merci pour les nuits blanches et les jours bleus, merci pour les jours passés en leur présence, merci pour le partage de leur avenir dans cet amour infini .

Merci à mes enfants d’être passés par moi pour choisir leur vie.

Merci à ma mère, pour m’avoir donné l’opportunité de savourer cette vie .

Un jour pour le dire

Un jour pour l’écrire

Une image pour le décrire

Une vie pour le vivre .

20140525-121626-44186745.jpg

Publicités

Les Filles de la Lune . (Partie 2)

Les Filles de la Lune

Prologue

Lina (2015)

 

BmckyCYIMAEf_id

 

Lorsque sa mère décida de partir vivre, dans une maison de retraite, Lina tenta de la convaincre de rester chez elle, mais elle comprit rapidement qu’elle ne gagnerait pas cette ultime bataille. Peu à peu, elle admit qu’à 85 ans on ne pouvait plus s’assumer seule, même lorsqu’on avait autant de volonté que sa mère. Sa vie personnelle était remplie d’obligations, et elle ne pouvait pas l’accueillir chez elle, faute de place et de temps pour s’occuper d’elle.

Elle courrait toute la journée, donnant des cours de dessins aux quatre coins de la ville, vivant dans un quartier trop agité, où sa mère ne serait pas tranquille. La laisser seule toute la journée était pire que de l’installer dans cet endroit impersonnel programmé pour qu’elle y finisse ses jours.

Alors, elle lâcha prise, elle accepta, non sans avoir essayé d’aller contre le courant en mettant en place une structure d’aide à domicile. Mais il ne fallut pas plus d’un mois, pour qu’elle constate que sa mère dépérissait, malgré la gentillesse des jeunes femmes qui venaient au quotidien lui faciliter les tâches. Contrairement à ce qu’elle croyait, compte tenu du caractère indépendant de sa mère, celle-ci s’adapta très rapidement à la vie en collectivité. Elle était rassurée de ne plus être seule, et occultait l’environnement proche, pour ne voir que les avantages de sa nouvelle situation.

Finalement, Lina fut soulagée de la voir de nouveau heureuse, et tentait de ne pas voir la déchéance physique et mentale des nouveaux voisins de sa mère. Tout était fait, pour que la vie les « résidents » soit agréable, et que leurs besoins physiques soient satisfaits. La compétence et l’humanité du personnel étaient remarquables, et Lina finit par comprendre que ce nouveau mode de vie était préférable pour sa mère. Elles choisirent ensemble, quelques petits meubles et objets qu’elle souhaitait garder et aménagèrent au mieux les quinze mètres carrés de sa nouvelle vie.

Il ne fallut que quelques semaines à sa mère pour s’adapter à son nouvel environnement, et elle ne tarda pas à demander à Lina de s’occuper de vider sa maison. Celle-ci savait que cette question se poserait tôt ou tard, mais elle n’avait aucune envie de s’en occuper. N’ayant aucune fratrie, elle avait toujours su que cette tâche lui incomberait, mais elle préférait ne pas y penser.

Elle avait relégué cette idée au fond de son cerveau, ne voulant pas démanteler le décor qui avait bercé son enfance. Lorsqu’elle retournait dans cette maison pour chercher quelques affaires demandées par sa mère, elle avait l’impression en entrant, qu’elle voyait encore son père assis dans ce fauteuil, en face de la double fenêtre, ou sa mère qui s’affairait dans la cuisine.

Mais ce matin-là, sa mère insista lourdement :

–         Ma fille, il faut que tu vides cette maison, et que tu donnes ou détruises tout ce qui ne peut pas te servir. Je ne me suis jamais décidée à donner les vieux vêtements de ton père, et je sais combien il te sera difficile de le faire, mais il va falloir que quelqu’un s’en charge, et ce ne peut être que toi. J’avais déjà vidé une bonne partie de mes placards avant de partir, mais il reste de nombreux objets qui te rappelleront ton enfance, la mienne ou celle de ton père, et tu es la seule à savoir ce que tu voudras conserver. Je te confie cette tâche, puisqu’il n’y a que toi qui sache ce que nous avons vécu et les souvenirs que tu veux en garder.

–         Maman, je …

–         Non, ma fille, l’interrompit sa mère. Il y a un moment où il ne sert plus à rien de reculer. De plus, il faudra probablement la louer pour couvrir les frais de cette maison de retraite, si je dois y survivre encore longtemps. Et personne ne voudra vivre dans ce décor des années 60, tu ne crois pas ? ajouta-t-elle en riant.

–         Je le ferai, sois tranquille, répondit Lina, soudain résignée. Il ne servait à rien de contrarier sa mère lorsqu’elle avait décidé quelque chose. Elle le savait depuis toujours, elle n’aurait de cesse de lui répéter la même chose, jusqu’à ce que les choses soient accomplies comme elle le souhaitait.

–         Très bien, dit sa mère, en la regardant fixement. Alors écoute bien ce que j’ai à te dire, et rappelle-t’en surtout lorsque tu seras là-bas.

Soudain, Lina sentit que ce qui allait suivre était plus grave qu’elle ne l’avait cru d’abord. Elle regarda sa mère, dont le visage devint encore plus pâle. Celle-ci lui prit les mains et poursuivit :

–         Tu videras chaque placard, en veillant à ne garder que les objets qui méritent de t’accompagner sur ton chemin, il est inutile de s’entourer d’objets sans âme, pour finir par étouffer sous le nombre. Tu verras les choses seront faciles pour toi, tu as toujours eu une grande sensibilité, et tu en as même fait ton métier. Tu n’auras qu’à soupeser chaque objet et tu sauras si tu dois le garder ou non. Surtout n’oublie pas le grenier, les objets qu’il contient n’étaient pas les miens au sens propre, mais ils font partie de notre héritage, celui de la lignée des femmes de ma famille. Ils sont ton héritage, et ils te reviennent de droit. Tu comprendras de quoi je parle en les voyant. Je n’en étais que la dépositaire, et toi tu sauras ce que tu dois en faire, puisque tu es la septième génération de femmes de cette lignée.

Elle se tut brusquement, comme si elle en avait trop dit, lâcha les mains de sa fille et se détourna vers la fenêtre.

–         Maman, de quoi parles-tu ? Je ne comprends rien.

–         Tu comprendras, ma fille, et mieux que moi qui ne suis qu’un maillon de la chaîne. Toi, tu en seras une des pièces maîtresses, comme de nombreuses femmes de cette lignée l’ont été avant toi. Je ne t’ai jamais parlé de cette histoire auparavant, mais c’était une erreur. Je voulais te protéger en te laissant ignorer le passé de ta famille, mais j’ai eu tort. Notre famille est très ancienne, et son histoire a comporté de sombres moments que j’aurais dû te raconter.

Je crois que je ne t’ai rien dit auparavant, parce que je pensais que ces vieilles histoires étaient éteintes et qu’elles n’avaient plus leur place à notre époque. Mais, nuit après nuit, je fais toujours le même rêve, où une femme vêtue d’une tunique blanche me regarde d’un air de profond reproche en me montrant du doigt un objet qui est dans la famille depuis des lustres, c’est une petite statuette qui est dans le grenier, que l’on se transmet de génération en génération et qui te reviendra à ma mort. J’aurais dû t’en parler avant, mais elle est liée à beaucoup de souffrances, et je voulais de protéger de ce passé obscur.

Elle s’arrêta, les yeux dans le vague.

–         Je voulais te protéger … poursuivit-elle, avec un sourire.

Heureusement, à notre époque, les hommes sont plus tolérants, du moins je l’espère. Enfin, je ne pourrai pas t’expliquer tous les détails, dans le temps qu’il me reste, mais tu les trouveras peu à peu par toi-même, et tu écriras la suite de cette histoire mieux que je ne pourrai jamais le faire. Je te fais confiance, ma petite fille chérie.

Lina aurait voulu poursuivre cette conversation, mais la fatigue était visible sur le visage de sa mère, et elle l’aida à s’allonger, pour qu’elle se repose avant le repas du soir. Elle se demandait si elle ne commençait pas à divaguer un peu par moment, et préféra ne pas insister. Elle lui sourit pour l’apaiser, et prit congé rapidement, en se disant qu’elles en reparleraient à un autre moment.

–         Je vais rester un peu au lit jusqu’à l’heure du repas, je crois que mes forces me lâchent doucement. Merci d’être venue aujourd’hui ma chérie et de m’avoir écoutée. Je veux que tu saches que je t’aime plus que tout même si je te demande des choses qui t’agacent un peu. N’oublie jamais ça, même si tu penses que je radote comme une vieille folle. Allez, rentre maintenant, tu as assez entendu de bêtises pour ce soir !

–         Je vais te laisser te reposer, tu es un peu pâle ce soir, et on reparlera de tout cela la semaine prochaine, tranquillement. Il faut que tu manges un peu plus, je te rapporterai les petites galettes que tu aimes. Et tu me raconteras ces vieilles histoires de famille.

–         Oui, je te raconterai ce que j’en ai compris. Il faudrait que je retrouve mes carnets. J’avais noté plusieurs anecdotes à ce sujet, mais je ne me souviens plus des détails, ce soir. Enfin, ça me reviendra peut-être…

–         Je te laisse, maman, je vois bien que je te fatigue. Dors bien, je te dis à la semaine prochaine. J’irai chez toi, pour chercher tes carnets et je te les apporterai samedi. Laisse-moi t’embrasser.

Lina serra sa mère dans ses bras, et ne put s’empêcher de remarquer qu’elle semblait de plus en plus petite, si mince qu’elle semblait fondre tout doucement. Son cœur se serra, et elle se détourna rapidement pour que sa mère ne remarque pas les larmes qui lui montaient aux yeux.

Elle chercherait ses carnets, pour lui faire plaisir et lui rapporterait bientôt, même si elle n’avait aucune envie de se rendre dans cette maison, en ce moment. Elle se retourna et lui fit un signe de la main en quittant sa chambre. Sa mère la regardait en souriant, et lui envoya un baiser d’un revers de main. Lina l’imita, restant un instant suspendue entre l’envie de rester encore un peu près d’elle, et celle de retourner vers sa vie.

Enfin, elle se décida à quitter la pièce, en réfléchissant au temps qui lui faudrait pour trouver ces fameux carnets et balaya cette idée d’un revers de main, avec le petit pincement au cœur qu’elle ressentait chaque fois qu’elle partait d’ici, en se demandant combien de temps encore durerait cette situation.

 

A suivre…

iphone mai 2014 678

 

Photo du jour : attraper la lumière

Attraper la lumière

En visant bien,

Fermer un œil et ouvrir l’autre

Tout grand,

Se laisser éblouir

Par la beauté de l’univers ,

Se laisser fasciner

Par le spectacle,

Les amas d’étoiles scintillantes,

Les volutes de galaxies éblouissantes,

Les tourbillons de nuages stellaires,

Les ombres oppressantes des trous noirs.

Rêver aux confins de l’univers,

Tenter d’Imaginer ce qui brille derrière,

Se laisser dépasser par la dimension sans fin du temps déformé par la distance,

Ne plus pouvoir intégrer l’immensité,

Et renoncer à comprendre.

Arrêter de s’interroger

Et rester simplement là, sans bouger,

Pour admirer …

Et remercier d’être là ,

Microbe parmi les étoiles,

Poussière parmi les lumières,

Insignifiante fourmi,

Sous les étoiles .

Oui, mais fourmi ravie

qu’on lui ait donné

le droit de penser

Et d’aimer sa vie !

20140523-234409-85449448.jpg

Photo du jour : nudité.

« Le nu bleu » de Picasso

Nudité sublimée
Ombres bleutées
Douceur chamarrée
Rondeurs veloutées
Lumières tamisées
Pudeur préservée.

Femme inspiratrice
Grain de peau lisse
Beauté sans artifice
Sans peur et sans malice
Soit la belle Instigatrice
Des plaisirs et des délices.

Dans le silence hostile
Tu semble si docile.
Ton corps Immobile,
Élégant et nubile,
Tes épaules graciles
Tu semble si fragile,
Les mots sont Inutiles.

Femme si douce si belle
Femme si forte si rebelle
Ombres et lumières t’habillent
De velours et de dentelles
Et jamais tu ne vacilles
Lorsque la vie t’appelle.

De toutes les femmes
Tu es la sœur
De tout ton être, le charme
Réchauffe les cœurs.

20140522-223141-81101427.jpg

Photo du jour : Palmes.

Palmes ondulantes d’argent

Dansent dans le vent d’autan,

Déployant leurs ailes de lumière

En autant de dentelles légères.

Un concert de mousseline

Bruisse dans l’air du matin,

Dans un ballet coquin

De nymphes et de coralines.

Et je reste là, immobile

Dans le petit matin doré

Pour ne pas troubler

Cette douceur fragile.

20140521-230044-82844486.jpg

Les filles de la Lune (Avant-Propos) Partie 1

iphone mai 2014 040

 

 

L’Histoire se répète-t-elle, ou revivons-nous toujours les mêmes erreurs ?

Rejoue-t-on inlassablement la même pièce, jusqu’à ce que l’on décide d’en modifier le dénouement ?

A-t-on le choix de notre destin ?

Est-on marqué par les choix ou les erreurs de nos ancêtres, ou avons-nous la possibilité de nous en libérer et d’infléchir le cours de notre vie ?

Chaque individu a-t-il sa partition à jouer, en suivant ses propres notes et son propre tempo, ou bien doit-il suivre le rythme imposé par ceux qui l’ont composée avant lui ?

La chance de vivre sur cette terre nous est-elle donnée une seule fois, ou répétons-nous le cycle autant de fois qu’il sera nécessaire, jusqu’à l’accomplissement de notre but premier, comme le pensent d’autres cultures que la nôtre ?

De nombreux écrivains se sont penchés sur les caprices du destin, chacun interprétant la pièce à sa manière, selon son vécu ou selon ses espoirs.

« L’homme est né pour trahir son destin. » Paulo Coelho (La cinquième montagne )

Ou bien garderons-nous la main sur notre destin, comme pour Arthur Schopenhauer le dit: « Le destin mêle les cartes et nous jouons. »

N’aurons-nous d’autre choix que de rouler inlassablement le même rocher vers le sommet de notre calvaire, ou parviendrons-nous à nous envoler vers notre liberté, en créant notre propre chemin, comme Albert Camus nous en laisse l’espoir : « Créer, aussi, c’est donner une forme à son destin. » (Extrait du Mythe de Sisyphe).

Le récit qui va suivre se jouera du destin, mais son héroïne parviendra-t-elle à s’en affranchir est une autre histoire…

 

iphone mai 2014 019

Photo du jour : Quasimodo

Au sommet de la falaise,
Quasimodo grimpe en peinant,
Il gémit, se courbe et s’accroche
Aux herbes folles poussant
Entre sables et roches.

Les vents d’hiver l’ont battu
Les tempêtes l’ont fait trembler.
Mais le printemps revenu,
Il tente de remonter,
Au sommet de la falaise,
Pour apercevoir au loin,
Ce navire aux couleurs françaises,
Qui l’emportera très loin.

Sa compagne aux cheveux d’anges
Au pied léger, à l’écorce blonde,
Est partie pour courir le monde,
A bord d’une caravelle étrange.

Les bûcherons sont venus la chercher.
Un matin à l’heure de la rosée.
En quelques cognées
Ils l’ont transformée
En mat de misaine,
Et depuis ce matin blême
Quasimodo cache sa peine.

Il aurait donné sa vie
pour qu’ils l’emportent aussi,
Tordu et torturé
Il aurait pu le déguiser,
En fabuleux animal debout,
Pour la figure de proue.

Il aurait fendu les flots amers
Dans des gerbes d’étincelles
Sans crainte et sans dommage
Aux côtés de sa belle
Jusqu’à la fin des âges,
Jusqu’à la fin des mers .

Mais chaque soir,
Quand la nuit tombe
Il perd ce qui lui reste d’espoir
En glissant inexorablement
Imperceptiblement
vers ce qui sera sa tombe.

20140518-233522.jpg