Photo du jour: Flotter.

Recette pour rêve flottant:

Monter dans la barque,
Se laisser dériver entre ciel et eau.
Ne plus bouger.
Ne pas troubler le silence.
Sentir le clapotis de l’eau sur les planches.
Se laisser bercer en écoutant craquer le bois.

Puis, quand la barque s’arrête, se pencher par-dessus la proue, jusqu’à effleurer la surface de l’eau du visage.
Laisser la fraîcheur s’insinuer sous sa peau et l’odeur humide des algues chatouiller ses narines.

Et plonger son regard dans ce miroir.
Regarder flotter les nuages.
Prendre son élan.
Retenir son souffle,
Et s’envoler avec eux.
Fermer les yeux.
Et ne pas chercher à savoir où le vent nous entraîne, où le temps nous attend.

Juste un instant suspendu entre ciel et eau.
Juste un moment d’apesanteur.
Juste une once d’éternité.
Juste une histoire imaginée.
Juste un rêve partagé

.

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Photo du jour: Espoir.

Cette photo n’est pas la mienne mais elle illustre bien mon état d’esprit du jour .

Traverser les ténèbres.

Voler jusqu’au bout de l’horizon.

Aller vers la lumière.

Déployer ses ailes,

Et y trouver la paix.

Laisser la rumeur

Siffler si ça lui chante

Et voguer tout doucement

Vers le silence.

Se laisser porter

Sous le vent.

Et partir rêver d’Alizes dorés

Et d’amours partagées.

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Photo du jour: couleurs.

Un monde tout en couleur

Pour faire battre mon cœur

Un monde tout en douceur

Pour oublier mes peurs.

« Il faut savoir se prêter au rêve lorsque le rêve se prête à nous. »Albert Camus.

Je rêve d’un monde où chaque couleur vivrait en harmonie avec ses voisines, et où à chaque printemps, elles danseraient ensemble, pour dessiner un immense arc-en-ciel, qui ferait tout le tour de la terre.

Je rêve d’un monde …

Je rêve ….

Oh !!! Mais quel est ce bruit strident ?

…. le réveil sonne !

Ohh non ! Laissez-moi rêver encore un peu …!

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Photo du jour : le Temps des lilas

Il est revenu le temps des Lilas.
Il a ouvert ses corolles mauves, et déploie sa fragrance dans la brise du petit matin.
Courageusement, il résiste à la caresse glacée du vent du nord, il étire ses grappes de dentelles bleues gainées de pourpre, sous le regard des rares Abeilles qui n’en croient pas leurs mille facettes.
Cette année, le miel aura un petit goût de violette.

La vie tourne sur le cadran des jours. Après le temps des lilas, celui de Pâques égrainant ses oeufs, puis viendra celui des cerises, pendants d’oreille, symbole de plaisirs et de liberté.

Peu importent les jours qui passent.
De la course des jours bleus ou gris, je ne veux garder que les moments de plaisir.
C’est un gros défaut, mais j’ai toujours été « bon public », de chaque instant je garde le meilleur, et je continuerai.

Pour cela, il suffit de sourire et d’Aimer la vie pour qu’elle vous aime.

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photo M Christine Grimard

Photo du jour : Goutte

Goutte de soleil,
Brille,
scintille,
vibre dans le vent.

Note d’Or, dans le beau temps,
Parée de lumière et de miel.

Note d’argent, dans l’orage,
Brodée d’éclats de diamant.

Je l’approche doucement en retenant mon souffle. Pourvu qu’elle ne glisse pas au bout de cette branche, poussée par le vent !
L’orage s’éloigne vers le nord.

En un instant, le jardin retrouve ses couleurs.

Les arbres ont perdu leur reflet électrique.
Quelques feuilles s’ébrouent dans le silence de la brise apaisée.

Avant que le vent ne l’emporte, j’attrape cette goutte de lumière, dans son écrin de verdure, petite graine de vie, et je la range dans mes souvenirs.

Moment de lumière.
Instant de paix.
Juste un miracle ordinaire.
Dans le petit matin léger.

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Photo M. Christine Grimard

Photo du jour: Suivre l’ange

Photo du jour: Suivre l'ange

Photo M Christine Grimard

Lundi, jour de soleil.
La vie pourtant est parfois lourde, même inondée de soleil.
Les ombres sur le chemin menacent ceux qui les craignent, mais n’arrêtent pas ceux qui ne les regardent pas.
Alors, Avancer, ne pas s’arrêter au bord du ravin.
Continuer et ne pas regarder en bas.
Poursuivre tout droit, vers le soleil.
Et soudain, entendre un cri aigu, voir passer un vol d’échassier.
Suivre le dernier, comme on admire une ballerine, qui tournoie sous le vent.
S’arrêter de respirer, le temps de s’imprégner de son élégance, de sa liberté, de sa légèreté .
Et puis, sans y penser, dans un réflexe, saisir l’appareil et l’attraper au vol, en espérant qu’un miracle se produira pour que l’image ne soit pas floue .

Le regarder s’éloigner avec un pincement au cœur.

Se pencher vers l’écran, puis relever la tête et sourire.
Et d’un geste de la main, secrètement remercier l’Ange, qui m’a fait cadeau de son image ….

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La Porte (Epilogue)

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Vignes de la côte bourguignone Automne 2013

Le retour au bureau fut difficile et laborieux.

Ma collègue ne me posa aucune question, et le fil des jours reprit sa course lente, sans qu’on n’évoque notre séjour bourguignon. A la fin de la semaine, chacun rentra chez lui, en se souhaitant un bon week-end, sans que personne ne fasse allusion au précédent. L’épisode bourguignon prendrait rapidement sa place au rang des simples souvenirs.

Je passais le dimanche à éplucher les documents que l’on m’avait donné en Bourgogne, et je complétais ma recherche en quelques clics sur le Net, m’étonnant de tout ce que l’on pouvait trouver avec quelques mots clés bien choisis. Le nombre de spécialistes du moyen-âge qui échangeaient leurs données sur la toile était incroyable, et des manifestations organisées pour reconstituer des évènements de cette époque étaient fréquemment organisées.

Au fur et à mesure de mes recherches, les morceaux de cette histoire s’imbriquèrent peu à peu, mêlant mes souvenirs aux détails historiques trouvés sur la toile, formant une trame qui me semblait tout à fait plausible. C’était un cadeau du passé et je ressentais le besoin impérieux de finir cette esquisse et de la partager. Après quelques semaines de travail, j’avais écrit une histoire d’une cinquantaine de pages, et je l’adressais au vigneron, complétée de quelques dessins au fusain des vignes de cette côte. Il me remercia par retour du courrier, en m’expliquant qu’il avait demandé à un historien de faire quelques recherches sur l’histoire de son vignoble et que mon histoire recoupait en grande partie la sienne. Il promit de m’envoyer un exemplaire de sa plaquette dès qu’elle serait prête. J’étais curieuse d’en découvrir le résultat.

Ma patience fut mise à rude épreuve, puisque je n’entendis plus parler de cette histoire pendant plusieurs mois. La seule trace que j’en gardais, était les deux tableaux que j’avais accrochés au-dessus de mon bureau, représentant mon dessin au fusain du visage de Blanche, et celui où elle se tenait aux côtés de son fils Bertrand, que m’avait donné le Vigneron. Sans ces portraits, j’aurais pu croire, à la longue, que tout ceci n’avait jamais existé.

Près d’une année plus tard, je regardais un reportage à la télévision sur la région bourguignonne, à l’occasion de la candidature « Des Climats de Bourgogne » au patrimoine mondial de l’Unesco. Le vigneron faisait partie des invités et expliqua l’histoire de sa parcelle, comme illustration du fait que ce patrimoine prenait pied dans mille ans d’histoire de la région. En quelques minutes, il expliqua l’histoire du Clos Vougeot et la raison pour laquelle sa parcelle en fut exclue, et donnée en héritage à un bâtard du premier Abbé. Il expliqua que sa mère, prénommée Blanche, fille d’un tailleur de pierre, était restée au secret dans le Clos, jusqu’à la disparition tragique de l’Abbé, à la suite d’un différend avec son successeur. Pour illustrer son propos, il avait apporté sa plaquette où l’on pouvait admirer le portrait de Blanche sur la couverture. Il ajouta que le patrimoine de sa région était étroitement lié à l’histoire des hommes qui y avaient vécu avec leurs sentiments, leurs joies, leurs chagrins et leur labeur, et que l’histoire de sa propre parcelle en était un exemple parlant. Il conclut par ces quelques mots :

« L’ironie de l’histoire est qu’aujourd’hui, le vin produit sur cette parcelle, a une valeur marchande bien plus élevée que celle du Clos lui-même, peut-être une vengeance posthume de cette femme, ou une revanche que Dieu a accordé à son fils, mille ans plus tard.

Cette note d’ésotérisme, plut beaucoup aux journalistes présents, et le reportage s’acheva sur quelques vues aériennes de la Côte Bourguignonne brillant sous le soleil.

 

Je restais silencieuse plusieurs minutes devant mon écran éteint, un sourire aux lèvres, cette dernière phrase prenant un éclat particulier dans ma mémoire. Et quand je levai les yeux vers le portrait de Blanche, je vis son sourire s’élargir doucement, jusqu’à découvrir ses jolies dents. Et quand son regard croisa le mien, je sus qu’elle avait enfin trouvé la paix.

~~ FIN ~~

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Clos de Vougeot Automne 2013 M Christine Grimard

 

Photo du jour: Dernier rayon

Coucher de soleil.

Je tends la main devant moi pour me protéger de la lumière trop forte.
Puis, j’essaye d’attraper le disque solaire entre le pouce et l’index, en clignant des yeux pour ne pas être éblouie, comme on cueille une cerise.

La lumière est trop forte.
Lorsque j’ouvre de nouveau les yeux, le paysage a changé .
Le ciel s’embrase et les nuages se parent de dentelles orangées.
Une brise légère se lève faisant valser les fleurs de cerisiers dont le blanc vire doucement au rose.
Le monde rougit.

Je referme le poing, autour d’une longue vue imaginaire, un œil fixant l’objectif virtuel, l’autre clos.

Et je le vois.
Il traverse l’épaisseur de mes doigts, éblouissant, d’une beauté éphémère et unique.
Il est là pour quelques secondes seulement.

Le dernier rayon du couchant.
Dernier sursaut de lumière.
Dans quelques secondes, il disparaîtra emportant avec lui le souvenir de cette journée .

Soudain, j’ai un peu froid.
Et si c’était le dernier ….

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Photo du jour: Giboulée mauve.

Pluie d’avril
Soudaine et fraîche,
Rebondit, légère
sur les grappes de glycine,
Cascade violette,
Gouttelettes
Aux ailes d’argent,
Éclate en gerbes de diamants
Puis disparaît,
Plus vite que le vent.

Pétales veinés de pourpre,
Corolles Violettes,
Parfum de printemps,
Mêlés de bleu. de blanc,
S’envolent et dansent,
Obstinément
Tant que tourne le vent.

Tourne, tourne le temps,
Sur les cadrans
Tournent, tournent les vents,
De l’hiver au printemps.

Vivre chaque printemps
Comme si c’était le premier,
Vivre chaque été
Comme si c’était le dernier.

Que les vents m’emmènent,
Et que la vie m’apprenne
Que la douceur d’aimer
est le plus bel
Horizon,
Et que la pluie soudaine
N’est là que pour mieux goûter
Au miel
Des jours de soleil.

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Photo du jour: Trésor

Photo du jour: Trésor

Photo M. Christine Grimard

Une plume de goéland est posée sur le sable, ballotée par les vagues, petit fétu de paille dans la tempête.
La marée descend et l’abandonne sur l’estran.
Je parcours la plage, en suivant la guirlande des laisse-de-mer.
Soudain, le soleil sort de son écharpe de nuages et étire ses rayons, avec un plaisir évident.
Le sable s’habille d’or.
L’éclat d’ivoire de cette plume m’arrête, comme le témoin du passage de l’oiseau libre, comme un cadeau qu’il m’aurait laissé. Avec le soleil, elle se pare d’or et d’argent, et je me laisse éblouir par cette image d’autant plus belle qu’elle est fugitive.
Et je recueille ce trésor parmi les instants magiques que l’on attrape et qui éclairent la vie.

Enfant, je collectionnais les trésors de ce genre, plumes et duvet mousseux, petits cailloux brillants, éclats de verre poli par l’océan, et autres coquillages.
Aujourd’hui, je les photographie, et les range dans mes souvenirs. Ils me paraissent plus vivants ainsi, et rendent vivants aussi mes souvenirs.
A l’heure, où la mémoire m’abandonnera, ces clichés seront peut-être les petits cailloux qui m’aideront à retrouver mon chemin.